PROBLEME

UN PROBLÈME EST SURVENU CONCERNANT L’HÉBERGEMENT DE NOTRE SITE INTERNET ET NOUS NE POURRONS PAS INTRODUIRE DE NOUVEAUX SUJETS POUR UN CERTAIN TEMPS. NOUS VOUS TIENDRONS INFORMÉ DES QUE NOUS POURRONS REPRENDRE LES PUBLICATIONS DE NOUVEAUX SUJETS.
Chercher  
Association Fort de Litroz
Association Fort de Litroz
www.fortlitroz.ch
www.fortlitroz.ch

   Position de Litroz - Tête Noire
   Position de Châtelard - Giétroz
   Position de Finhaut
   Position de La Forclaz
   Les positions DCA
   Documents historiques
La région fortifiée du Léman au Gd St Bernard
Le secteur central: région St-Maurice
Secteur nord: secteur du Chablais
Secteur sud: secteur du Gd-St-Bernard
Secteur ouest: secteur du val de Trient
Autres forts suisses
Descriptions techniques
Documents historiques
Armes Suisses
Géostratégie
La Suisse en armes
Découverte du mois
Plans d'invasion de Hitler
Les armes secrètes de Hitler
   Les armes V
   Bases secrètes du IIIe Reich
   Les avions à réaction du IIIe Reich
   Les avions fusées du IIIe Reich
   Les intercepteurs-fusées du Reich
   Missiles du IIIe Reich
   Les mistel
   Les VTOL du IIIe Reich
      Focke Wulf « Triebflügel »
      VTOL Focke-Wulf ROCHEN
      VTOL Heinkel « Wespe »
      Le lanceur de roquettes non guidées Föhn
   Les Panzers du diable
   Armes spéciales
   Secrets du IIIe Reich
5000 ans de fortifications
Activités club Litroz
Litroz jour après jour

Vidéos
Infos touristiques

ALPYFORT


[v49]           

  VTOL Heinkel « Wespe » [13]

L’extraordinaire Heinkel « Wespe » (guêpe) était un projet d’avion VTOL, basé sur le concept d’un appareil à décollage et atterrissage vertical propulsé par une gigantesque hélice carénée entraînée par un turbopropulseur à réaction. Comme dans bien d’autres domaines de pointe, l’origine de cette technologie révolutionnaire est à rechercher dans les ruines fumantes du IIIe Reich où les ingénieurs nazis avaient acquis une expérience et un savoir faire en avance d’un demi-siècle sur leur époque…

Le projet du Heinkel « Wespe » fut conçu à la fin de l’année 1944 à Vienne, où Heinkel travaillait sur la conception d’un intercepteur à décollage et atterrissage vertical. L’idée était de développer un nouveau type d’appareil capable d’intervenir à partir de n’importe quel point d’Allemagne et de s’affranchir des pistes d’envol, jugées trop vulnérables aux bombardements et trop éloignées des sites à défendre. Ce type d’intercepteur était destiné à être stationné à proximité directe des sites stratégiques (agglomérations urbaines, sites de production industrielle, nœuds de communication), voire à l’intérieur même de leur périmètre, pour pouvoir intervenir sur place sans délai à l’approche d’une vague de bombardier. En fait, il s’agissait, ni plus ni moins, que de concevoir un intercepteur de défense de zone (Objektschutzjäger) capable d’intervenir à partir d’une simple cour d’usine, d’un square ou d’une clairière…

La grande originalité du concept du « Wespe » était d’avoir été conçu autour d’une aile annulaire formant un gigantesque anneau de 5,50 m d’envergure autour du fuselage. Cette aile avait une section intérieure circulaire (diamètre interne 2,88 m) tandis que l’extrados, constitué par 9 facettes, présentait un profil annulaire biseauté. Pour des raisons d’économie, une grande partie des constituantes de la cellule, comme le cockpit, le fuselage et l’armement, étaient directement repris du Heinkel P-1076 « Julia », le malheureux projet d’intercepteur de défense de zone concurrent du Bachem Ba-349 Natter, qui n’avait pas été retenu par le Reichsluftfahrtministerium (RLM). Le fuselage de section circulaire (diamètre 1,26 m) passait au travers de l’aile. Celle-ci était fixée à lui par 3 montants radiaux percés d’une fente pour permettre le passage des pales de l’hélice. Ces montants formaient entre eux des angles de 120°, sans être parfaitement symétriques. Le montant dorsal était vertical, avec un saumon d’aile dépassant à peine de l’extrados. Les deux autres montants obliques, qui participent à la portance, étaient prolongés chacun par une petite aile horizontale de 0,94 m de long, portant ainsi l’envergure totale à 5,00 m. Chacun de ces 3 montants était équipé de volets de gauchissement pour affiner le pilotage de cet étrange appareil.

Le « Wespe » était propulsé par une gigantesque hélice carénée tournant autour de l’axe du fuselage, à l’intérieur de l’anneau formé par l’aile annulaire, tel un rotor. Cette hélice à 6 pales (diamètre 2,84 m) était entraînée par un turbopropulseur Heinkel PTL He S-021 de 3300 chevaux logé à l’intérieur du fuselage. Ce moteur, alimenté par une prise d’air frontale s’ouvrant dans le nez, était une modification du turboréacteur Heinkel-Hirth He S-011 en turbopropulseur. Aux 3300 chevaux exercés directement sur l’arbre de l’hélice s’ajoutait une poussée de 220 kg fournie par les gaz brûlants s’échappant par la tuyère arrière. Le pilote prenait place en position assise dans un habitacle situé juste au-dessus de la prise d’air frontale. Le cockpit était doté d’une grande verrière bullée en goutte d’eau, offrant un large champ visuel. Si elle ne posait aucun problème pour le vol en palier et l’interception à haute altitude, cette disposition assise était en revanche peu commode pour le décollage et l’atterrissage, car le pilote tournait le dos au sol : il devait littéralement se tordre la nuque pour apercevoir le tarmac et ne disposait d’aucun point de repère pour estimer la distance par rapport au plancher des vaches…

Après le décollage, le pilote poursuivait son ascension verticale jusqu’à l’altitude d’interception (entre 6 000 et 10 000 m). Il inclinait alors peu à peu son appareil au moyen des gouvernes de profondeur et de gauchissement, et effectuait une lente transition pour passer en vol horizontal avant de poursuivre sa mission en palier comme n’importe quel chasseur. L’atterrissage s’opérait de manière inverse, mais avec beaucoup plus de difficulté car l’opération était délicate et très risquée. Le pilote devait en effet réduire peu à peu les gaz tout en maintenant la sustentation et l’équilibre vertical de l’appareil, de façon à le laisser retomber lentement jusqu’au sol, pour prendre contact délicatement sur les trois roulettes du train tricycle. Cela requérait un dosage minutieux de la manette des gaz et une attention de tous les instants pour compenser les moindres oscillations latérales avec les gouvernes de vol. La moindre erreur d’estimation de la distance par rapport au sol, la plus petite hésitation, un dosage malheureux des gaz et le Wespe pouvait décrocher en perte de vitesse, basculer vers le sol ou briser l’une des ses roulettes…

Au sol, l’appareil en position verticale reposait sur son empennage, composé de trois ensembles dérives-gouvernails munis de volets de profondeur, disposés également à 120° les uns par rapport aux autres. L’extrémité de chaque dérive était dotée d’un carénage fuselé renfermant une jambe oléopneumatique de l’atterrisseur tripode. Les roues n’étant pas rétractables, étaient carénées en vol par des coquilles mobiles qui, en se fermant, les enveloppaient pour diminuaient le coefficient de frottement dans l’air et donc la traînée. L’armement consistait en 2 canons MK-108 de 30 mm intégrés dans des logements carénés en bulle d’eau dépassant latéralement du fuselage, de part et d’autre du poste de pilotage. Le poids au décollage atteignait 2 140 kg avec les réservoirs pleins et les munitions, ce qui en faisait un intercepteur ultra-léger et donc très maniable vu sa configuration. La vitesse de pointe était d’environ 800 km/h.

Cet appareil, dont la conception était en avance d’un demi-siècle sur son époque, ne put être construit avant l’écroulement du Reich, faute de temps. Ses plans servirent toutefois de base pour concevoir un projet du même type encore plus ambitieux et plus évolué, le Heinkel « Lerche » (voir rubrique spécifique). L’idée d’une propulsion par hélice axiale fut reprise, dans les années 1950, par Convair et Lockheed, avec le Convair XFY-1 « Pogo » et le Lockheed XFV-1, mais la transition en vol s’avéra trop difficile et les prototypes ne débouchèrent sur aucune commande.

Caractéristiques techniques du Heinkel « Wespe »
DésignationHeinkel « WESPE » (guêpe)
Typeappareil VTOL à décollage et atterrissage vertical
FonctionIntercepteur de défense de zone (Objektschutzjäger)
Hauteur3,34 m
Longueur totale7,61 m
Longueur du fuselage6,18 m
Diamètre du fuselage1,26 m
Envergure5,50 m
Voilureaile annulaire autour du fuselage, fixée à celui-ci par 3 montants
Profil de l’ailecirculaire au niveau de l’intrados, biseautée à 9 facettes au niveau de l’extrados
Propulsionhélice à 6 pâles carénée dans l’aile annulaire, actionnée par un turbopropulseur Heinkel PTL (Propeller Turbo Lader) He S-021 de 3300 chevaux logé dans le fuselage
Diamètre int. de l’aile2,88 m
Diamètre de l’hélice2,84 m
Poussée220 kgp fournie par la tuyère, qui s’ajoutent aux 3300 chevaux exercés sur l’arbre de l’hélice
Poids au décollage2 140 kg
Vitesse de pointe800 km/h en altitude
Armement2 canons MK-108 de 30 mm disposés de part et d’autres du nez
Empennage3 dérives disposées à 120°, munies de volets de profondeur
Train d’atterrissage3 jambes oléopneumatiques prolongeant les dérives de l’empennage, avec des roues carénées dans des coquilles mobiles
Emprise au sol3,10 m de circonférence (roulettes du train d’atterrissage)

 
 

          
  
Association Fort de Litroz - J.-C. Moret©   2002 - 2017