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[v47]           

  Le camouflage végétal dans la fortification suisse [2]

Depuis la seconde guerre mondiale, l’Armée suisse a toujours pratiqué la politique du camouflage naturel en matière de fortifications. La doctrine en vigueur parmi le Corps des Gardes Fortifications (CGF) préconisait de laisser pousser la végétation autour des installations militaires hors sol, devant les embrasures, ainsi que sur la superstructure des ouvrages, de façon à créer un écran de verdure masquant les fortifications, en plus du camouflage artificiel appliqué directement sur la structure.

Le développement de buissons, de futaies ou de rideaux d’arbustes permettait de mieux dissimuler les surfaces unies du béton et de masquer l’ombre des ouvertures, en les fondant dans l’environnement végétal. Cette technique astucieuse contribuait à intégrer les ouvrages dans le paysage et rendait d’autant plus difficile leur repérage et leur identification, tant depuis le ciel que du sol.

Il est d’ailleurs fréquent de croiser des touristes stupéfaits de tomber, au détour d’un chemin, sur un bunker dissimulé au creux d’un fourré ! Ou de voir d’éminents spécialistes de la fortification tenter vainement de localiser un ouvrage qu’ils savent pertinemment se trouver dans leur champ de vision mais qu’ils ne parviennent pas à repérer ! Qu’y a-t-il en effet de plus anodin qu’un inoffensif bosquet d’arbres ou une touffe de buissons fournis au milieu d’un pâturage? Le camouflage végétal n’accroche pas le regard et n’éveille donc pas l’attention. En outre, le feuillage engendre des ombres portées qui bougent et varient sans cesse, en fonction de la lumière, de l’éclairage, des conditions météorologiques et de la saison. Ce patchwork de taches d’ombre et de lumière contribue à « casser » et à « déstructurer » les formes anguleuses du béton, tout en troublant le regard qui ne parvient pas à percer cet écran virtuel.

Outre son aspect peu onéreux, l’un des avantages de ce type de camouflage est d’être rapidement et totalement réversible. En cas de menace et d’occupation de l’ouvrage, il suffit de couper le rideau végétal pour rétablir les lignes de feu et dégager les champs de tir. C’est pour cette raison que les ouvrages de barrage étaient systématiquement équipés d’une caisse militaire contenant une tronçonneuse, ainsi que le carburant et le matériel nécessaires pour effectuer ces travaux de déboisage. Nul besoin de faire appel au génie, l’équipage disposait sur place du matériel adéquat.

Cette technique ne se limite pas uniquement aux ouvrages : elle a été étendue à d’autres installations (aviation), ainsi qu’aux lignes d’obstacles antichars et aux réseaux de barbelés. En l’espace de plusieurs décennies, ceux-ci ont parfois été complètement envahis et recouverts par une végétation luxuriante, constituée majoritairement d’herbes folles et d’épineux vivaces (ronces, muriers, églantiers). Cela ne diminuait en rien l’efficacité de la position de barrage qui prenait ainsi de faux airs de haies naturelles. Le développement de véritables « écosystèmes militaires » au sein de ces réseaux défensifs a parfois abouti à une situation cocasse au début du 21e siècle : le classement de certains réseaux d’obstacles en zone de protection naturelle par les organes militaires officiels. C’est notamment le cas de la ligne antichars de Collonges, face au Fort d’infanterie d’Evionnaz, qui abrite une flore et une micro-faune très diversifiée et qui a donc été décrétée « zone verte» après son abandon. En protégeant ces biotopes de toute intrusion humaine (et pour cause !), les réseaux de barbelés ont parfois démontré une utilité que leurs constructeurs n’avaient certes pas prévus.

 
 

          
  
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