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Déclenchement de l’offensive V1 contre l’Angleterre [1]

Initialement, Hitler avait prévu de lancer l’offensive V1 à la fin de l’année 1943 et de la combiner avec le déclenchement des tirs de V2 et de V3… mais cet ambitieux projet est finalement abandonné en raison des retards dans la mise au point du V2 et du V3. A la fin 1943, les unités chargées de lancer les V1 ne sont d’ailleurs pas encore complètement constituées et la production des V1 est jugée insuffisante pour permettre l’approvisionnement des bases de lancement prévues en France, ce qui va nécessiter plusieurs mois.
L’offensive est donc repoussée successivement au 15 février 1944, puis au 20 avril, date de l’anniversaire de Hitler, et enfin au mois de mai, pour permettre d’achever les bases de lancement et de constituer des stocks de V1 suffisants.
Un nouveau retard est toutefois induit par l’intensification des bombardements stratégiques sur les nœuds ferroviaire français et normands en prévision de l’invasion alliée, qui perturbe gravement l’approvisionnement des sites V1, ainsi que par la multiplication des raids aériens sur les bases de lancement prévues. Ces contretemps amènent finalement les Allemands à abandonner les sites situés en Normandie et à en retirer les unités de lancement pour redéployer l’ensemble du dispositif au nord de la Seine, ce qui chamboule les plans originaux. En conséquence, le 16 mai Hitler donne l’ordre de repousser l’offensive à la mi-juin… Le 20 mai, les Allemands décident d’abandonner définitivement les bases « lourdes » en ski prévues initialement en raisons de la multiplication des bombardements alliés, et de démonter les rampes de lancement pour les remonter sur des sites de lancement simplifiés, dits « légers », mieux camouflés sous le tissu forestier et donc moins vulnérables. C’est à partir de ces sites modifiés, demeurés ignorés des Alliés, que seront tirés la majorité des V1 lancés contre l’Angleterre jusqu’à fin août.

Le 6 juin à l’aube les Alliés débarquent sur les plages de Normandie. Le même jour, à 17h30, soit une dizaine d’heures après le début de l’opération « Overlord », l’Oberst Max Wachtel, chef du Flak Regiment 155 (W) chargé du déploiement tactique des V1, reçoit le mot d’ordre Rundelkammer annonçant que ses unités n’ont plus que quelques jours pour achever leurs préparatifs en prévision de l’offensive imminente des V1. La date et l’heure exacte de son déclenchement sera transmise par l’ordre « Eisbar » (ours blanc) émanant de Hitler lui-même.
A cette date, Wachtel dispose de 156 nouveaux sites V1 modifiés, dits « légers » répartis le long de la côte entre la Seine et la frontière belge ; mais en réalité seuls 115 sites de lancement de ce type et 5 anciens sites lourds (bases dites « en ski ») sont plus ou moins achevés, les autres étant encore en construction ou en cours d’aménagement. L’ensemble est servi par les 4 Abteilungen qui forment le Flak Rg 155 (W).

L’ordre « Eisbar » est transmis de Berlin le 11 juin, mais aucun des sites n’est encore pleinement opérationnel car l’approvisionnement des bases fait défaut en raison des désorganisations provoquées par la poursuite des raids aériens alliés sur les lignes de communication. Le colonel Wachtel obtient donc un délai de 24 heures pour achever dans l’urgence ses préparatifs, mais sans y parvenir réellement car le temps manque et il y a encore beaucoup à faire. A 21h00 parvient l’ordre de Jodl de déclencher sans délai l’offensive. A l’évidence Hitler s’impatiente ! Finalement, à défaut de pouvoir déclencher un tir massif et prolongé faute de rampes et de stocks en nombre suffisant, on décide d’attendre l’aube du 13 juin pour procéder néanmoins à une salve de tir préparatoire contre les villes anglaises de Maidstone et Folkestone avec les dix catapultes opérationnelles sur les 36 disponibles. Ces tirs seront appuyés par l’ouverture du feu simultané des grosses batteries à longue portée disposées au Cap Gris-Nez (canons de gros calibre sur rails et batterie Todt). C’est donc le mardi 13 juin, à 03h50 précise, soit 10 minutes avant l’échéance fixée par Berlin, qu’est catapulté le premier V1 sur l’Angleterre, probablement depuis la base n°109 située à la pointe nord du bois de la Haie-Renault, près de Hesdin. L’objectif désigné est la « cible n°42 « : Londres… Ce premier missile est probablement celui qui percute Gravesend 23 minutes plus tard. Neuf autres V1 sont lancés dans les minutes qui suivent. Sur les 10 engins catapultés, 5 s’écrasent peu après le lancement, un tombe dans la Manche et 4 atteignent l’Angleterre. Le premier s’écrase à 04h13 dans un champ de Swanscombe, près de Gravesend, à 32 kilomètres de Londres, le second tombe sur une ferme près de Cuckfield à 04h20, le troisième percute un pont ferroviaire près de Grove Road, tuant six personnes et en blessant 9 autres, et le quatrième s’écrase à 04h30 près de Sevenoaks, 30 kilomètres au sud de la capitale. Aucun n’atteint Londres. Ce manque flagrant de précision s’explique sans doute par la hâte des préparatifs, le manque de préparation du matériel et l’absence d’étalonnage des catapultes, points qui seront évidemment corrigés par la suite…
Max Wachtel obtient finalement un délai supplémentaire et met à profit les deux journées qui suivent pour compléter son dispositif opérationnel.

Finalement, l’attaque massive des V1 sur l’Angleterre est donc officiellement déclenchée dans la nuit du 15 au 16 juin. L’offensive débute très exactement à 23h16, avec le tir d’un V1 de l’Abteilung II, suivi sans discontinuité jusqu’à 04h50 par le catapultage de 244 autres missiles depuis les sites dispersés dans le Nord de la France. Durant cette première salve de harcèlement qui dure un peu plus de 5 heures, 44 engins s’écrasent au départ ou peu après en raison de défaillances mécaniques ou de pannes techniques, 144 atteignent les côtes sud de l’Angleterre et 73 plongent sur Londres, en majorité sur les quartiers sud. La première offensive de terreur et de harcèlement sur la capitale britannique vient de débuter. Elle se poursuivra avec plus ou moins la même intensité jusqu’à la fin août 1944, avec en moyenne une soixantaine de rampes actives simultanément.
Après l’évacuation des sites de la côte française à la fin août en raison de la progression rapide des Alliés, les tirs de harcèlement sur l’Angleterre reprendront dès septembre depuis la côte néerlandaise et se poursuivront jusqu’au printemps 1945…

 
 

SOURCES :

Yannick Delefosse, "V1 ARME DU DÉSESPOIR", Editions Lela Presse. Collection Histoire de l’aviation n°18. 2006.
Igor Witkowski, "Die Wahrheit über die Wunderwaffe", Mosquito Verlag, 2010
Laurent Bailleul, LES SITES V1 EN FLANDRES ET EN ARTOIS", 2000.

Pour en savoir plus sur le V1 ou si vous voulez acheter l’excellent livre très fouillé et richement documenté écrit par Yannick Delefosse sur le V1, nous vous conseillons le site internet de Yannick Delefosse : http://v1armedudesespoir.free.fr/

          
  
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