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[v12]           

  Victorinox, le coutelier de l’armée suisse [3]

Le couteau suisse est tout un symbole, au point que l’on en oublie que derrière ce couteau de poche à multi-lames se trouve une marque qui a toute une histoire… Carl Elsener, né en 1860, a préféré apprendre le métier de coutelier à Zoug, ville de ses ancêtres, plutôt qu’embrasser la profession de chapelier de son père. Sitôt son apprentissage achevé, il accomplit plusieurs années de compagnonnage, tout d’abord à Paris, puis à Tuttlingen, dans le sud de l’Allemagne. La fabrication de rasoirs et d’instruments chirurgicaux le passionne au point d’en faire sa spécialité. Son intention étant de s’établir rapidement à son compte, il réintègre la Suisse et ouvre son premier atelier le 1er janvier 1884 à Ibach, dans l’ancien moulin Koller, où coule le Tobelbach, ruisseau qui fournira l’énergie nécessaire à l’entraînement de la roue hydraulique à laquelle sont couplés la meule à aiguiser et le polissoir. Possédant un sens incontestable du commerce et de la communication, il n’hésite pas à se faire connaître au moyen d’annonces publiées dans les journaux locaux, par lesquelles « il recommandait à la population de recourir à ses ouvrages spécialisés, à ses travaux de réparation ainsi qu’à son service quotidien d’affûtage »…Il eut également l’idée de placer quelques-uns de ses articles dans la chapellerie paternelle, à Schwyz, que sa mère vendait pour son compte. Kar Elsener était un véritable maître coutelier, et la qualité de son travail fut rapidement appréciée par sa clientèle, laquelle s’est développée très vite, au point qu’il dut engager de la main-d’œuvre. Notre homme possédait en lui cet esprit du compagnonnage, tel qu’il existait à l’état pur, au siècle dernier. Ayant conservé des relations avec les professionnels qu’il avait rencontrés lors de son long périple, nouant des liens avec d’autres, il prend l’initiative de fonder, en 1860, l’Association suisse des Maîtres Couteliers. Cette communauté d’intérêts se fixe pour objectif prioritaire d’atteindre, par des efforts communs, ce que personne n’avait encore réalisé en solitaire, c’est-à-dire la fabrication, dans son propre pays, du couteau de poche de l’armée. Il faut préciser que jusqu’alors, l’administration militaire achetait ses couteaux à Solingen, centre de la coutellerie allemande. C’est en octobre 1891 qu’eut lieu la première livraison de ces couteaux militaires à l’armée suisse, mais, pour y parvenir, il fallut naturellement augmenter tant les installations de production que le personnel. Dans les années qui suivirent, Karl Elsener développa, outre le couteau militaire, divers types de canifs améliorés, qu’il désignait non pas par des numéros, ainsi que cela se faisait habituellement à l’époque, dans ce pays, mais par des noms, s’inspirant en cela de la pratique française. C’est ainsi qu’il baptisa certains modèles « couteau d’écolier », « couteau de cadet », « couteau de paysan », et surtout le « couteau d’officier », dont la carrière a dépassé toutes les espérances…

Le couteau d’officier

Le premier modèle du « couteau de soldat » de l’armée suisse de 1891 pesait 144 g, avait des côtes en bois, et comprenait une lame principale, poinçon, ouvre-boîtes et tourne-vis. Le modèle « officier » était plus léger, et surtout plus élégant, en dépit de ses deux pièces supplémentaires (une seconde lame plus petite, et un tire-bouchon) ; ses côtes étaient en fibre rouge. Ce nouveau modèle, avec seulement deux ressorts pour ces six pièces, fut déposé le 12 juin 1897, et rencontra immédiatement un accueil très favorable, en Suisse, certes, mais également à l’étranger, où il suscita un intérêt croissant. Ces deux modèles subirent, au fil des années, différentes évolutions. En effet, le modèle soldat s’est allégé d’une vingtaine de grammes en 1908, en raison du remplacement des côtes en bois, dont le défaut était de se fissurer trop rapidement, par celles en fibre ; en 1951, 35 g ont encore été gagnés, cette fois-ci en recourant à de l’acier inoxydable. En 1961 on utilise de l’alox rouge pour les côtes, et cette fois-ci le poids tombe à 72 g. En 1965 on le pare d’alox couleur argent et en 1980 on y place l’écusson suisse. Quant au modèle « officier », c’est à partir de 1909 qu’on le dote de cet écusson suisse ; en 1936, le celluloïd remplace la fibre, en 1946 on améliore l’ouvre-boîte, en 1951 les platines sont en alox et en 1968 un anneau remplace l’attache. Les conditions de travail, à la fin du 19ème siècle, étaient particulièrement rudes : des journées de onze heures, et pas de courant électrique à telle enseigne qu’à la tombée du jour il fallait allumer les lampes à pétrole…Il n’y avait pas de machine, à l’exception des meules à aiguiser et des polissoirs, ce qui veut dire que tout était fait à la main. Les pièces nécessaires à la fabrication des couteaux de poche arrivaient de l’extérieur sous forme de pièces brutes forgées et découpées. Un travail d’une extrême précision permettait d’emboîter les divers éléments les uns dans les autres et de les ajuster sur l’étau à l’aide d’une lime, afin d’obtenir un bon fonctionnement du couteau. Venaient ensuite les opérations de trempage, d’affûtage, de polissage et de montage. Devant le succès obtenu avec ce couteau d’officier, de nombreuses imitations, en provenance d’Allemagne, ne tardèrent pas à envahir le marché. Afin d’y répondre, Karl Elsener, s’attache à une qualité de fabrication irréprochable, et à innover sans cesse. C’est ainsi, notamment, qu’il dote ses couteaux de loisirs d’une scie à bois, puis de ciseaux.

« Victoria » « Inox »

En 1909, il concrétise son idée d’individualiser sont couteau d’officier en incrustant le blason de la Suisse dans le manche rouge, le désignant ainsi comme un article de fabrication helvétique et le distinguant des imitations allemandes. Cette même année, sa mère meurt, et il décide de prendre son prénom comme marque de fabrique : « Victoria ». Durant la Première Guerre mondiale, un paradoxe s’est présenté : d’un côté, difficultés d’approvisionnement en matériaux ainsi qu’en matières premières venant de l’étranger, et de ‘l’autre, commandes massives de l’administration pour des couteaux militaires et des pièces pour les armes de l’armée suisse. A cela s’est ajoutée une demande croissante du marché intérieur, faute d’importations en cette période d’hostilités. Le fondateur dut travailler sans relâche afin de trouver une solution à cette situation, jusqu’à y laisser brusquement sa vie en 1918, à l’âge de 58 ans seulement. Ses fils Carl et Alois reprirent l’entreprise, et connurent les importantes difficultés de l’après-guerre. En 1921 l’acier inoxydable est commercialisé, et les fils Elsener saisissent immédiatement cette opportunité en fabriquant tous les couteaux avec ce nouveau matériau, ce qui a réactivé les affaires de manière déterminante. Le signe distinctif international « Inox » a été ajouté à la marque « Victoria », et c’est de la liaison de ces deux mots que naquit la nouvelle marque de fabrique et raison sociale « Victorinox ». En 1931 les frères Elsener font installer dans leur coutellerie le premier atelier de trempe complètement électrique au monde, qui vient utilement compléter l’atelier de forge. Entre 1930 et 1936, c’est la crise, puis survint la Seconde Guerre mondiale, avec son lot de nouvelles commandes de l’armée suisse, toujours pour les fameux couteaux de soldat et d’officier, mais également, cette fois-ci, pour des baïonnettes ainsi que des poignards d’officiers. Depuis lors, et après l’inévitable période difficile de l’après-guerre « bis », les difficultés ont été de na pas pouvoir satisfaire la demande accrue en couteaux de poche ! On a dû agrandir les locaux, embaucher, moderniser le matériel, améliorer la fabrication, élargir la gamme…D’une seule personne évoluant dans un local de 50 m2 en 1884, on est passé à 1000 employés et ouvriers, répartis sur une surface de 27 000 m2 !!! La gamme est passée à 800 couteaux différents, et l’on en fabrique 41 000 par jour…

Du bon acier français

Le couteau suisse, on ne le présente plus : tout le monde le connaît, et en a possédé au moins un dans sa vie. Ce que l’on ne sait peut-être pas, c’est qu’ils sont faits dans un bon acier français, produit par Bonpertuis, et que les tire-bouchons sont fabriqués à St-Rémy-sur-Durolle, à proximité de Thiers. La gamme de couteaux de cuisine est impressionnante, mais ce sont naturellement les modèles pliants qui véhiculent la marque. Depuis quatre générations, la famille Elsener maintient la tradition du couteau de soldat, et du couteau d’officier, aujourd’hui décliné en une multitude de versions : le modèle standard, dénommé « Spartan » est toujours d’actualité, mais, en fonction de l’outil que l’on y a ajouté, il s’appellera « camper », « climber », « huntsman », « moutaineer », « handyman », « explorer », « angler » ou « ranger ». A l’époque de la mode du couteau de survie, Victorinox a proposé sa version, impressionnante par son épaisseur, livrée dans un étui cuir contenant également une torche électrique miniature, une pierre à aiguiser, boussole, allumettes, épingle… Tout était prévu, même un niveau à bulle, thermomètre, stylo à bille, et j’en passe…La dernière grande nouveauté en date a été de proposer quelques modèles dont la lame principale est dotée d’un cran d’arrêt, avec un choix de couleur de côtes en rouge, noir ou vert. C’est ainsi qu’un modèle est spécialement conçu pour les chasseurs, un autre pour les pêcheurs. Mais que les cavaliers, les golfeurs, et autres adeptes de la nature ne s’inquiètent pas : des modèles spéciaux ont également été prévus pour eux ! Aux Etats-Unis, il n’est pas rare qu’un artisan coutelier de renom sorte de sa poche le petit couteau suisse ; d’ailleurs, Bob Loveless ne s’est-il pas inspiré de la forme de la lame principale pour concevoir son célèbre « drop-point » ? Qui aurait pu penser que ce petit de couteau de soldat fabriqué en 1891 soit encore d’actualité à l’aube de l’an 2000, et qu’il soit le compagnon des hommes célèbres comme des anonymes, des milliardaires comme des moins fortunés, et cela, sur les cinq continents !

Gérard Pacella 1999

Quelques dates

1884Après une période de compagnonnage effectuée à Paris et à Tuttlingen (Sud de l'Allemagne), Karl Elsener ouvre son propre atelier de coutellerie à Ibach dans le canton de Schwytz. Une roue hydraulique alimentée par les eaux de la rivière Tobelbach fournit l’énergie mécanique nécessaire aux affûteuses et polisseuses
1891Les premiers „couteaux du soldat“ sont livrés à l’armée suisse
1897Les „couteaux d’officier et de sport“ sont enregistrés comme modèle déposé le 12 juin
1909Afin de se protéger des contrefaçons, le fondateur de l’entreprise crée le fameux écusson à la croix, devenu depuis l'emblème que portent tous les couteaux de poche Victorinox
1909Le fondateur de l’entreprise rend hommage à sa mère défunte en donnant à la marque le nom de „Victoria“
1921L’invention de l’acier inoxydable (abréviation „inox“) donne l’idée au fondateur de l’entreprise de fusionner le nom de la marque „Victoria“ et le mot „inox“, et donne ainsi naissance à la marque „Victorinox“
1931La société Brown Boveri, installe chez Victorinox, le premier atelier de trempe complètement électrique au monde
1945Après la 2ème guerre mondiale, officiers et soldats s’empressent de se ravitailler en „couteaux d’officier suisse“ auprès des magasins („PX stores“) de l’armée américaine, de la marine et de l’armée de l’air. Les américains surnomment ce couteau le „Swiss Army Knife“. Une appellation qui s’impose dans toutes les régions anglophones
1969La fabrication des couteaux de ménage et professionnels est partiellement transférée dans le nouveau bâtiment, lequel comporte cinq étages
1980Les superficies destinées à la production, aux bureaux et au stockage passent de 11 000 à 27 000 m2, ce qui représente la plus grande extension jamais entreprise. Les 730 collaborateurs employés par l’entreprise réalisent un CA de plus de 65 millions de francs suisses
1989Aux USA, la commercialisation des montres lancées sous la marque Swiss Army rencontre un vif succès
1992La première filiale commerciale ouvre ses portes au Japon. D’autres filiales sont créées les années suivantes: au Mexique, au Brésil, en Pologne, à Hongkong/Chine, au Vietnam et au Chili
1999Une ligne de bagages destinée à renforcer la notoriété de la marque Victorinox est lancée. Sa fabrication sous licence s’effectue en veillant au respect de normes qualité drastiques
1999Victorinox Watch SA est créée à Bonfol. Cette unité de production, destinée à la fabrication de montres vient renforcer ce secteur
2000La fondation Victorinox est créée. Elle a pour but de garantir la pérennité de l’emploi et de maintenir une indépendance financière
2001Une ligne de vêtements sportswear et professionnels, spécialement développée pour le marché nord-américain, est créée et lancée. Celle-ci met en avant les mêmes valeurs que celles véhiculées par le „Swiss Army Knife“
2001Les cinq catégories de produits Victorinox : outils de poche, couteaux de ménage et professionnels, montres, bagages et vêtements sont présentées pour la première fois dans un „flagship store“ de Soho/New York
2002Victorinox rachète la société Swiss Army Brands Inc. (USA). Le CA de l’entreprise franchit alors pour la première fois le cap des 400 millions de francs suisses
2005La reprise de la société Wenger SA, Delémont/Jura – fabricant de couteaux depuis 1893 et fournisseur de l’armée suisse – a pour but de contribuer au développement du „Swiss Army Knife“ tout en maintenant sa fabrication sur le sol suisse
 http://www.victorinox.ch/

 
 

          
  
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