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[t38]           

  Roquette Taïfun et Wirbelsturm [13]

Concu vers la fin de la guerre, le « TAÏFUN » (typhon) était une roquette sol-air non guidée propulsée par un moteur fusée à carburants liquides. Les Allemands avaient prévu de les tirer en masse contre les formations compactes de bombardiers lourds sillonnant le Reich, pour établir des barrages de roquettes. Cette arme non guidée fut développée comme une solution de substitution au missile WASSERFALL, la version antiaérienne du V2, dont la mise au point très sophistiquée posait de nombreux problèmes techniques. L’origine du projet TAÏFUN remonte au 25 septembre 1942, lorsque Hermann Goering autorisa officiellement la poursuite des travaux sur une série d’armes miracles antiaériennes dont les projets avaient été gelé jusqu’alors par Hitler. Cette liste comprenait les missiles guidés ENZIAN, RHEINTOCHTER, SCHMETTERLING et WASSERFALL, ainsi que la roquette non guidée TAÏFUN. A cette époque, tous les efforts de Peenemünde étaient tendus vers le programme de la fusée A4 (futur V2) qui accaparait l’essentiel de la main d’œuvre et des ressources du centre de recherches. Les autres projets mentionnés ci-dessus, menés en parallèle mais jugés non prioritaires, avançaient au ralenti. Sur les 4'300 spécialistes affectés à Peenemünde, 1940 travaillaient sur le projet A4 / V2, 1200 sur le WASSERFALL, 270 sur l’A4b (version ailée du V2) et seulement 135 sur le projet TAÏFUN, les 600 derniers étant affectés à des taches administratives. Si le A4 entra finalement en production sous le nom de V2, les retards accumulés dans la mise au point des autres projets étaient si grands que leur développement prit beaucoup plus de temps que prévu. La plupart n’étaient pas au point à la fin 1944 et ne purent donc entrer en fabrication avant la fin de la guerre. Au sein même de l’équipe de Peenemünde, les avis étaient en outre très partagés quant à la nécessité de développer le WASSERFALL, la version antiaérienne de l’A4 /V2 prévue pour lutter contre les bombardiers évoluant à très haute altitude. Certains chercheurs estimaient qu’il était illusoire de poursuivre la mise au point de ce gigantesque missile antiaérien tant qu’une solution n’aurait pas été trouvée pour le doter d’un système de guidage automatique, seul moyen de le rendre véritablement efficace. Or, à l’automne 1944, on en était encore loin. Certains membres de BMW proposèrent alors de concentrer les efforts sur la mise au point d’une roquette non guidée beaucoup plus simple, que l’on tirerait en masse par salves rapprochées contre les formations compactes, comme le faisaient les Katioucha russes contre les troupes au sol. Le concept général de cette roquette simplifiée fut élaboré par Sheufeln, un officier de Peenemünde qui estimait important de développer un système d’arme très simple, au cas où les missiles plus sophistiqués seraient un échec ou n’aboutiraient pas (la réalité devait lui donner raison). Les chercheurs de Peenemünde commencèrent à travailler sur le projet au mois de septembre 1944 et des plans définitifs furent établis dès le mois d’octobre afin de lancer la production. Le premier prototype élaboré était de petite taille et utilisait un moteur-fusée à poudre, mais il devint rapidement évident qu’avec un tel moteur, la roquette ne pourrait atteindre l’altitude de croisière des bombardiers. C’est pourquoi on décida de le remplacer par un moteur fusée à carburants liquides plus performant brûlant du SALBEI et du VISOL. Ces nouveaux carburants très réactifs s’enflammaient spontanément dès leur mise en contact dans la chambre de combustion, en produisant une très forte poussée. Ces réactifs étaient stockés dans des réservoirs cylindriques occupant la majeure partie du corps très allongé de la roquette. Les carburants étaient forcé sous pression dans la chambre de combustion par du gaz nitrogène. La réactivité des deux composants était telle que la mise à feu de l’engin ne prenait qu’un dixième de seconde. Le premier modèle de projectile TAÏFUN mis au point à Peenemünde à la fin 1944 mesurait 1,96 m de long et avait un diamètre de 100 mm. Il pesait 21 kg et pouvait grimper jusqu’à 15'000 m d’altitude à une vitesse de 3'600 km/h. Sur ce premier modèle, la tête explosive, placée à l’avant, pesait 0,5 kg et n’était pas plus grande qu’un obus de FLAK classique. Ce premier modèle fut produit en nombre limité à Peenemünde en janvier 1945. On estime qu’environ 600 TAÏFUN de ce premier type furent effectivement fabriqués, ainsi qu’un nombre inconnu de lanceurs. Ces lanceurs étaient installés sur un affût modifié de 8,8 cm Flak 37. Le coup de fabrication, très faible, était de 25 Deutsche Mark par unité, un prix absolument dérisoire. Les avis sont partagés quant à savoir si ce système d’arme a été ou non effectivement utilisé en opération contre les bombardiers durant les derniers mois de la guerre. Il n’existe aucun document allemand qui puisse le prouver et aucun témoignage allié ne fait mention d’un appareil abattu par un tel type d’engin. La question ne pourra probablement jamais être tranchée car si des appareils ont été abattus par des TAÏFUN, il est probable que les équipages les aient confondus avec de classiques obus de FLAK… Bien que la fin de la guerre n’ait pas permis de concrétiser ce projet, il semble que les Allemands aient prévu de développer dans un second temps un modèle beaucoup plus grand de TAÏFUN, sous la forme de roquettes non guidées de 21 cm. Cette version géante du TAÏFUN était destinée à emporter une charge beaucoup plus importante dont la déflagration suffisait à abattre plusieurs bombardiers au sein d’une formation. Cette arme avait été prévue comme un palliatif à bas prix du couteux missile guidé WASSERFALL. Ces roquettes géantes auraient été tirées en série par groupe de trois à partir de rampe de lancement rudimentaires montées sur des ponts de camions. Ces batteries, très mobiles, pouvaient ainsi se déplacer très rapidement et changer d’emplacement, ce qui permettait une très grande souplesse d’emploi. Une variante, baptisée « WIRBELSTURM » (tornade) fut également proposée comme futur développement. Il s’agissait de la même roquette, mais avec un moteur-fusée à poudre. Les performances étaient à peu de chose près similaires. La fabrication du WIRBELSTURM fut entravée par la pénurie de carburants qui affecta le Reich dès le début de l’année 1945, si bien que le WIRBELSTURM ne put être testé avant la fin de la guerre. Pour conclure, précisons que la roquette TAÏFUN a été copiée par les Alliés qui n’ont pas hésité s’approprier la technologie allemande. Après-guerre, elle a donné naissance au système d’armes LOKI américain et au système R-103 soviétique.

 
 

          
  
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