PROBLEME

UN PROBLÈME EST SURVENU CONCERNANT L’HÉBERGEMENT DE NOTRE SITE INTERNET ET NOUS NE POURRONS PAS INTRODUIRE DE NOUVEAUX SUJETS POUR UN CERTAIN TEMPS. NOUS VOUS TIENDRONS INFORMÉ DES QUE NOUS POURRONS REPRENDRE LES PUBLICATIONS DE NOUVEAUX SUJETS.
Chercher  
Association Fort de Litroz
Association Fort de Litroz
www.fortlitroz.ch
www.fortlitroz.ch

   Position de Litroz - Tête Noire
   Position de Châtelard - Giétroz
   Position de Finhaut
   Position de La Forclaz
   Les positions DCA
   Documents historiques
La région fortifiée du Léman au Gd St Bernard
Le secteur central: région St-Maurice
Secteur nord: secteur du Chablais
Secteur sud: secteur du Gd-St-Bernard
Secteur ouest: secteur du val de Trient
Autres forts suisses
Descriptions techniques
Documents historiques
Armes Suisses
Géostratégie
La Suisse en armes
Découverte du mois
   Allemagne
   Autriche
   Belgique
   Danemark
   Espagne
   France
   Grande-Bretagne
   Grèce
   Italie
   Norvège
   Suède
   Turquie
   Suisse
   Marine
   Ils devaient durer 1000 ans...
      Belgique
      Côte Atlantique
      Danemark
         La batterie Tirpitz
         Silkeborg
         Festung Hanstholm
      Pas de Calais
Plans d'invasion de Hitler
Les armes secrètes de Hitler
5000 ans de fortifications
Activités club Litroz
Litroz jour après jour

Vidéos
Infos touristiques

ALPYFORT


[t36]           

  La Batterie allemande de 380 mm « TIRPITZ » [116]

La batterie « Tirpitz » est l’une des plus grosses batteries côtières construites par la Kriegsmarine sur le Mur de l’Atlantique. Elle est située à Blåvand, près de Oksby, sur la côte ouest du Jutland (Danemark). Elle faisait partie de la formidable barrière de béton qui s’étirait sur 5000 kilomètres, des Pyrénées atlantiques jusqu’au Cap Nord, à l’extrémité septentrionale de la Norvège. Sa mission était de défendre les approches du port danois de Esbjerg et de battre le littoral sud-ouest du Jutland en cas d’invasion alliée sur les côtes ouest du Danemark.

Selon les plans allemands, la batterie comprenait les installations suivantes, disséminées dans les dunes du littoral de Blavand :

  • 2 énormes bunkers-casemates, armés chacun de 2 pièces de marine de 38 cm SKC 34 installées en tourelle sur le couronnement des bunkers
  • 1 Leitstand servant de PC et de poste de conduite du tir pour diriger le feu des pièces
  • 2 grands bunkers à munitions dispersés dans les dunes
  • 2 bunkers-abris pour la garnison, protégés chacun par des pièces de Flak légères
  • 6 bunkers plus petits pour le personnel auxiliaire
  • 2 emplacements pour des batteries de Flak lourdes chargées de la défense du périmètre.

Les travaux, supervisés par l’Organisation Todt, débutèrent tardivement, en juillet 1944, mais furent rondement menés. Les plans prévoyaient que la batterie soit opérationnelle dès septembre 1945, mais elle ne put être terminée. En mai, lorsque les Britanniques libérèrent le Danemark, le gros œuvre était déjà achevé et les 4 canons de marine de 380 mm étaient sur le point d’être installés dans les tourelles. Les Alliés découvrirent les énormes tubes à la gare ferroviaire de Guldager, près de la ville de Esbjerg, où ils avaient été abandonnés en cours de transfert vers les bunkers. Trois d’entre eux furent ferraillés et fondus à l’issue de la guerre. Le quatrième est exposé aujourd’hui près de la batterie de Hanstholm, à l’extrémité nord du Jutland. La quasi-totalité des équipements internes des bunkers a disparu et le site demeura longtemps inaccessible et dangereux, vu la présence de mines posées par les Allemands et en raison des dégâts causés aux installations par les explosifs que les Britanniques firent détonner dans les soutes. Malgré cela, la visite du site impressionne par les dimensions colossales des bunkers et par l’énormité du puits central qui assurait la communication entre la tourelle et les 2 étages souterrains de chacune des deux casemates.

Des bunkers armés de tourelles de cuirassés
les n° renvoient aux plans annexés

Les deux bunkers-casemates, réalisés entièrement en béton armé, mesurent 25 x 22 mètres de côté, pour une hauteur de 10,60 m. Ils comportent 2 niveaux souterrains. La construction de chacun d’eux a englouti environ 2000 m3 de béton, sans parler de l’acier nécessaire au ferraillage. Les murs extérieurs, conçus pour résister à un pilonnage naval de gros calibre, ont 3,50 m d’épaisseur, contre seulement 1,00 à 1,50 m pour les murs intérieurs, et 1,20 m pour la dalle séparant les deux étages. Il était prévu d’équiper chaque casemate d’une tourelle cuirassée de marine de 3,80 m de hauteur, installée sur le couronnement des ouvrages. Ces tourelles, armées de 2 canons de marine de 38 cm SKC 34, étaient en tous points identiques à celles équipant les nouveaux cuirassés lourds de la classe « Tirpitz » et « Bismark ». Avec ses 2 tourelles de 2 pièces, la batterie de Blavand aurait disposé ainsi d’une puissance de feu équivalente à la moitié de celle de l’artillerie principale d’un cuirassé de la Kriegsmarine, avec la possibilité de tirer autant vers le large que vers l’intérieur des terres, et de battre les plages du littoral jusqu’à une quarantaine de kilomètres en cas de débarquement des Alliés sur la côte sud-ouest du Jutland. La portée des pièces était comprise entre 42 et 55 km selon le type de charge utilisée.

Ces tubes de 380 mm étaient des pièces surnuméraires, fabriquées en 1943 par Krupp pour équiper la nouvelle flotte de cuirassés géants planifiés par la Kriegsmarine. Celle-ci n’en ayant finalement construit que deux (« Tirpitz » et « Bismarck »), les Allemands décidèrent alors de les utiliser pour réarmer le cuirassé « Gneisenau » qui était doté de tubes de 280 mm, afin d’accroître sa puissance de feu. Mais ce projet fut abandonné en février 1943, suite à un raid de bombardement qui causa de graves avaries au « Gneisenau », et les tubes furent réaffectés à la défense côtière du Jutland.

Le centre du bunker est entièrement occupé par un énorme puits circulaire béant (C) qui traverse toute la hauteur de l’édifice et relie les étages souterrains à la base de la tourelle. Ce puits abritait un gigantesque monte-charge à munitions, aujourd’hui disparu. Les locaux des deux niveaux inférieurs s’organisent autour de ce puits central qui forme véritablement le cœur de chacune des casemates.

Le niveau inférieur
les n° renvoient aux plans annexés

Le niveau inférieur, situé en-dessous du sol, abrite principalement les magasins à munitions, ainsi que les installations de ventilation et de chauffage. Trois côtés du bunker sont entièrement occupés par les soutes à obus (M), destinés au stockage des énormes projectiles de 380 mm. Ces 3 soutes sont reliées au monte-charge du puits central (C) par deux voies étroites qui permettaient de transporter les obus sur des wagonnets, de façon à approvisionner la tourelle. Le quatrième côté du bunker, traversé par une galerie de service (G) également équipée d’une voie étroite, abrite la chaufferie et le système de ventilation de l’ouvrage (V), ainsi que deux petites soutes destinées au stockage des fusées d’amorçage des obus (Zünderraum F).

Le niveau supérieur
les n° des locaux renvoient aux plans annexés

L’étage supérieur, également souterrain mais relié à l’extérieur par un couloir (G), abritait les douilles et les énormes charges propulsives. Celles-ci étaient stockées dans 3 soutes réparties le long de 3 côtés du bunker (P). La manutention des charges et des douilles, particulièrement pesantes et volumineuses, était facilitée par un système de rails plafonniers qui permettait de les déplacer facilement d’une soute à l’autre et de les acheminer rapidement vers le monte-charge du puits central.

Visites et informations

Le site de la batterie « Tirpitz » est d’accès public et ouvert toute l’année. Mais les horaires changent d’une année à l’autre et en fonction des saisons. Mieux vaut donc se renseigner à l’avance. Informations et renseignements : Museet for Varde By og Omegn, Lundvej 4, 6800 VARDE (Danemark). Tél. +45 7522 0877.

 
 

          
  
Association Fort de Litroz - J.-C. Moret©   2002 - 2017