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[r18]           

  Le « Réduit » [8]

C’est en 1933 que nos dirigeants politiques prirent conscience du risque qui allait nous menacer sur notre frontière nord. Dès 1936 une ligne fortifiée fut planifiée sur la frontières nord, entre le Jura et le lac de Constance. En effet, notre neutralité nous obligeait à établir des fortifications également face à la France. Les gros ouvrages d’artillerie de cette ligne furent terminés pour la plupart en 1938 - 1939. Cette ligne fortifiée avait un effet retardateur et permettait à l’armée de mobiliser à l’abri de celle-ci si une attaque surprise survenait. Parallèlement, une organisation très particulière fut mise en place : les « couvertures frontières ». C’est sous ce terme que plusieurs unité d’armée sont organisées pour couvrir la mobilisation de l’armée. Les troupes de ces unités étaient recrutées dans leur lieu de stationnement et mobilisées dès qu’un risque apparaissait. Revenons à la fortification. 1939 voit la mobilisation générale le 2 septembre. Après quelques jours de crainte, la Suisse retrouve une certaine sérénité. N’y a-t-il pas l’armée française, la meilleure armée du monde face à l’Allemagne nazie ? Nous ne craignons qu’une chose : un mouvement de l’armée allemande à travers la Suisse qui permettrait de contourner, par le sud, la ligne Maginot. Ce qui fait que nous massons nos troupes sur une ligne qui va approximativement de l’ouest de Bâle jusqu’à Coire. Puis arrive le 10 mai 1940. Et à la grande surprise de tous les Suisses, la France s’écroule. Et nous nous retrouvons seuls face à l’Allemagne et à l’Italie. C’est une situation tout à fait nouvelle, car jusqu’à ce jour, nos frontières sud n’étaient pas particulièrement menacées. Mais dès ce jour, pratiquement la totalité de nos frontières sont entourées par les forces nazies et fascistes, à la seule exception de quelques kilomètres de frontière entre Annemasse et Chamonix. C’est le seul débouché qui restait à la Suisse pour son ravitaillement par le port de Marseille, à travers la zone non occupée de la France. Jusqu’à l’envahissement de la zone non occupée, en novembre 1942, la presque totalité du ravitaillement de la Suisse emprunta ce parcours.

Un grand désarroi gagne la Suisse, la population se demande ce qui va nous arriver et s’il ne vaut pas mieux entrer dans la nouvelle Europe. Au début août 1940, le général Guisan, commandant en chef de l’armée suisse, convoque tous les officiers supérieurs à un rapport au Grütli sur le lac des Quatre Cantons. Ce lieu est historique car c’est la qu’en 1291 la première alliance des cantons primitifs fut conclue et c’est le point de départ de l’histoire suisse. Le général Guisan prenait un grand risque de réunir tous les cadres supérieurs de l’armée à cet endroit, mais il sut prendre ce risque qu’il jugeait nécessaire pour redonner confiance à l’armée et à la population. Et il annonce à ces officiers un nouveau plan concernant la défense de la Suisse. Il crée le REDUIT NATIONAL. Ce réduit couvre toutes les Alpes suisses. Le reste du territoire est pratiquement abandonné sans défense. Seul un rideau de troupes couvre les frontières nord de la Suisse. Et il faut savoir que le plateau suisse abrite le 75% de la population suisse. La quasi-totalité de l’armée se retire dans les alpes. Les réserves de nourriture, de carburant, de munitions, de matériel etc. sont déplacés dans les alpes. Deux mois plus tard, le nouveau dispositif est en place. Il est clair que pour durci ce dispositif il est nécessaire de construire de nombreux ouvrages fortifiés pour renforcer le terrain. Et ces ouvrages fortifiés sont construits pour une défense en profondeur, contrairement à la ligne Maginot. Les anciens ouvrages sont modernisés, agrandis ou modifiés. Toute l’infrastructure de commandement est mise sous roche. Toute la logistique est également enterrée. Entre 1940 et 1945, la Suisse construisit environ 21'000 ouvrages de tous genres, dont une centaine de gros ouvrages d’artillerie, environ 500 gros ouvrages antichars et une multitude de blockhaus, d’abris pour le personnel, de dépôt de munition, de dépôt de carburant, d’arsenaux souterrains, d’installations sanitaires, d’hôpitaux, d’usines de bien essentiels, etc. Toute notre aviation est sous roche. Des milliers de dispositif de minages permanents sont construits, certains sont continuellement actifs. Et tout ce dispositif est resté en place jusqu’à la chute du mur de Berlin. Une partie est encore en activité à l’heure actuelle. Puis, dans les années 70-80, un nouveau concept de fortification est mis en place et subsiste actuellement, pour quelques années encore. Tous les axes alpins et une grande part du territoire Suisse sont toujours sous couverture d’une nouvelle artillerie. Mais on ne peut pas vous en dire plus.

En ce qui concerne l’axe alpin du Grand Saint Bernard, il fut fortement fortifié, car celui-ci donne accès au centre du réduit alpin par le carrefour de Martigny qui permet de gagner le nord de la Suisse ou même le massif du Saint Gothard en remontant la plaine du Rhône.

 
 

          
  
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