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  Rheintochter [4]

L’origine du missile antiaérien « Rheintochter » (fille du Rhin) remonte à novembre 1942, lorsqu’il devint évident que les canons de la Flak classique étaient désormais inopérants vu l’altitude de plus en plus haute à laquelle évoluaient les formations compactes de bombardiers de la RAF et de l’USAAF, suite à l’instauration par les Alliés de la tactique des bombardements en tapis.

Pour pouvoir atteindre les lourds quadrimoteurs évoluant à 8 000 m d’altitude, Rheinmetall-Borsig AG mit au point un nouveau concept qui connaîtrait ultérieurement un franc succès et un grand développement pour la conquête spatiale : la fusée à étages ! La « Rheintochter » était en effet un gros missile sol-air à 2 étages, dont la première version (R-I) mesurait 6,29 m de long et 3,79 m d’envergure (respectivement 3,74 m de long et 2,93 m d’envergure pour la version R-III). Grâce à sa portée moyenne de 40 km, elle était destinée à assurer la couverture de zones assez vastes, comme par exemple la défense de grands centres urbains ou industriels.

Trois versions successives, baptisées R-I, R-II et R-III, furent développées et expérimentées entre août 1943 et décembre 1944, avec divers modes de propulsion utilisant aussi bien du carburant solide (Diglycol) que liquide. Chacune était une amélioration et un perfectionnement de la précédente, destinée à optimiser les qualités du missile. Malgré des performances très prometteuses, le programme fut toutefois stoppé à la fin de 1944, après 82 tirs d’essais pour tester les différentes versions. La raison de cet arrêt brutal n’a jamais vraiment été élucidée, mais elle privait l’Allemagne d’un engin efficace et pratiquement au point, qui aurait pu constituer une arme particulièrement redoutable contre les bombardements stratégiques.

Le premier essai de tir de la version R-I eut lieu en juillet 1943.

L’engin était mis à feu à partir d’un affût de canon de 8,8 cm dont la pièce avait été démontée et qui avait été spécialement transformé pour servir de plateforme de tir. L'un des atouts de la « Rheintochter » était son mode de guidage particulier : durant la première partie du vol (phase ascensionnelle), le missile n’était pas autonome. Il était radioguidé vers la formation ennemie, grâce à des impulsions radio-codées émises depuis le sol. Ces impulsions, captées par un récepteur intégré dans le corps du 2e étage (juste au-dessus des moteurs), étaient relayées électriquement aux instruments de guidage situés à la base du cône frontal, qui agissaient à leur tour sur les servomoteurs contrôlant les gouvernes de direction. Celles-ci étaient constituées de 4 grands spoilers ovoïdes en bois, disposés en croix autour du cône du nez, dont le pivotement permettait d’infléchir la trajectoire de vol dans les quatre directions, grâce à des vérins agissant sur les spoilers. Sur la version R-I, le suivi visuel de la trajectoire du missile était facilité par des fusées traçantes lumineuses installées à l’extrémité arrière des 2 plus grandes ailes médianes. Ce dispositif primitif fut supprimé sur les versions suivantes, dont le suivi était effectué par radar.

Une fois le missile parvenu à portée directe des bombardiers, le radioguidage était stoppé et le missile devenait alors entièrement autonome. Il se dirigeait automatiquement sur la cible, grâce à un radar de poursuite embarqué qui le verrouillait sur la formation. La charge, formée de 150 kg d’explosifs HE pour la version R-I et de 100 kg pour la version R-III, n’était pas placée dans le nez du missile : elle était logée dans la partie terminale du 2e étage, en arrière du système de propulsion. Son explosion était déclenchée par un détonateur à percussion relié électriquement à une fusée de proximité placée dans la coiffe du cône, qui déclenchait l’allumage au moment où elle détectait le vrombissement des moteurs des lourds bombardiers. L’activation de la charge pouvait également être radiocommandée depuis le sol, en envoyant une impulsion radio-codée.

Si elle arriva trop tard pour modifier l’issue du conflit, la Rheintochter préfigurait dès juillet 1943, date du premier tir d’essai, bon nombre de missiles soviétiques des années 1960, tant par ses caractéristiques techniques que par sa silhouette générale. Cette ressemblance n’est pas fortuite : plusieurs exemplaires de la fusée furent capturées par l’Armée rouge en 1945 et bon nombre de techniciens et de cerveaux du centre d’essai expérimental de Peenemünde furent « fermement invités » par les troupes d’occupation soviétiques à venir en URSS pour y poursuivre leurs travaux au profit de l’Union soviétique, dans la perspective d’un futur conflit ouvert avec les Etats-Unis...

 
 

          
  
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