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  Les missiles du IIIe Reich [6]

Il est faux d’affirmer que les Allemands ont inventé le missile ou encore les fusées à poudre et à carburants liquides. En revanche, ils furent les premiers à concevoir et à développer toute une gamme de missiles et d’engins guidés dans un but militaire, mais ils le firent trop tard…

En effet, jusqu’en 1942, les responsables du IIIe Reich ne virent aucun intérêt à développer des engins sol-air et des missiles antiaériens, pas plus que des intercepteurs à moteur-fusée. Après les victoires éclairs remportées de 1939 à 1941 dans la foulée du Blitzkrieg, l’Allemagne contrôlait en effet toute l’Europe et la Wehrmacht continuait à progresser sur tous les fronts, notamment à l’est. Cette position était confortée par Hitler lui-même, pour qui seule l’offensive comptait et qui ne voyait pas en quoi ces armes « défensives » pouvaient être utiles. Le RLM avait d’ailleurs conforté le Führer dans cette opinion, en lui transmettant un mémorandum expliquant que des missiles air-air tirés par des chasseurs seraient plus efficaces que des missiles lancés depuis le sol.

Ce n’est qu’à partir du moment où les Alliés commencèrent à pilonner massivement les centres urbains et industriels situés au cœur du Reich que les dirigeants nazis commencèrent à réviser leur position. Visiblement, la Luftwaffe tant vantée par Goering manquait cruellement de moyens pour assurer la couverture aérienne, tant au-dessus du Reich que sur le front. Les premiers revers subis à l’est ne firent que renforcer ce constat.

Pourtant, dès novembre 1941, le général von Renz, officier de la Flak, avait tiré la sonnette d'alarme : au vu de la multiplication des raids alliés sur l’Allemagne, la consommation en munitions de la Flak ne cessait d’augmenter dans des proportions alarmantes et deviendrait vite démesurée en regard de la taille croissante des formations ennemies. En 1942, étant donné l’altitude de plus en plus élevée à laquelle évoluaient les bombardiers alliés, il devint évident que la « Flak » avait atteint la limite de son efficacité. Les lourds quadrimoteurs volaient désormais beaucoup trop haut pour être inquiétés par les canons au sol, rendus inopérants par la nouvelle tactique des bombardement en tapis à haute altitude. Quant à la Luftwaffe, dont l’utilisation en binôme avec les Panzers s’était révélée si redoutable durant le Blitzkrieg, elle n’avait pas été conçue dans une perspective défensive et n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été. Saignée à blanc par les pertes subies sur les différents théâtres d’opération, elle n’avait pas les moyens nécessaires pour interdire le ciel allemand aux armadas de quadrimoteurs et ne parvenait même plus à compenser ses pertes. A l’exception de quelques as, les pilotes chevronnés qui avaient fait jadis sa force étaient tombés au combat et avaient été remplacés par des pilotes inexpérimentés de plus en plus jeunes, mal formés et manquant cruellement de l’expérience au feu. Les appareils étaient en partie périmés ou surclassés par les nouveaux chasseurs alliés, et n’avaient pas été développés pour affronter l’incroyable mur de feu que tissait l’artillerie embarquée des lourds quadrimoteurs volant en formation compacte. Peu à peu, les Nazis comprirent donc qu’ils ne pourraient mettre fin aux bombardements stratégiques et reconquérir la suprématie aérienne qu’en opposant à l’aviation alliée des armes nouvelles et révolutionnaires, vis-à-vis desquelles les équipages seraient totalement démunis.

Toutefois, le revirement ne se fit pas immédiatement et il fallut attendre octobre 1942 pour que le Reichsmarschall Goering, commandant en chef de la Luftwaffe, se décide enfin à accorder une priorité aux projets de développement de missiles aériens et antiaériens. En conséquence, le 18 décembre 1942, le général von Axthelm, commandant en chef de la défense antiaérienne allemande, donna l’ordre de mettre sur pied un nouveau programme de développement, celui de « Flak-Raketen » (missiles antiaériens). L'autorisation pour la construction d'un pas de tir expérimental fut donnée en février 1943, la plupart des tirs d'essais devant s'effectuer au centre de recherches de Peenemünde, sur la côte sud de la mer Baltique.

A partir de juin 1944, la quasi-totalité de la Luftwaffe se retrouva clouée au sol par la pénurie de carburant et de pièces détachées. Pour redresser la situation, les Allemands reportèrent tous leurs espoirs dans les avions-fusées et dans les chasseurs à réaction, mais il apparut rapidement que le Me-262 et le Me-163 sortaient trop lentement et en trop petit nombre des chaînes de production pour faire pencher la balance et avoir une influence sur la guerre aérienne. Il fallait trouver rapidement autre chose…

Pour y parvenir, les Nazis se tournèrent alors tout naturellement vers le développement « d’armes guidée sans pilote », en exploitant à fond les recherches déjà effectuées au centre d’essai de Peenemünde en matière de moteurs fusées…. Le résultat fut le développement de toute une gamme de nouvelles « armes miracles » (Wunderwaffen), auxquelles les Allemands donnèrent des noms bucoliques qui faisaient très « gemütlich », comme la Rheintochter (fille du Rhin) ou encore le Schmetterling (papillon).

Les bombes planantes et les missiles anti navires, peu connus, furent les premiers à être mis au point et à être réellement engagés en opération dans des unités combattantes, avec plus ou moins de réussite. Certains de ces engins sophistiqués remportèrent d'indéniables succès et réussirent même à couler de grosses unités navales, tel le cuirassé « Roma ». En revanche, les missiles aériens et antiaériens furent développés trop tardivement et en trop petit nombre pour jouer un rôle déterminant dans la guerre. Ils ne remportèrent quasiment aucun succès alors même que des dizaines de variantes furent testées, car la plupart étaient encore en développement ou au stade de la mise au point au moment de l’écroulement du Reich. Il aurait pu en être tout autrement si leur étude avait démarré quelques années plus tôt. La prolifération des missiles antichars fut moindre, mais ils ne purent pas non plus se prévaloir d'effets sur le champ de bataille.

En fait, les programmes de développement furent sans cesse ralentis par les querelles intestines et les luttes d'influence au sein des services et des diverses armes, et par la concurrence acharnée que se livraient les différentes firmes allemandes. En outre, plusieurs projets souffrirent grandement des menées de Himmler et des SS pour mettre la main sur les armes miracles et accaparer les technologies de pointe. Il en résulta une certaine gabegie qui explique que des programmes viables aient été lancés, puis abandonnés sans autre forme de procès au moment où ils étaient sur le point d’aboutir, alors que d’autres furent poursuivis inlassablement alors qu’ils n’avaient aucune chance de déboucher rapidement sur un résultat probant.

Les diverses recherches amenèrent toutefois la technologie des fusées à faire un bond remarquable, en particulier vers la fin du conflit. Si bien qu’en 1945 l’Allemagne était sans conteste en tête de la course aux missiles et possédait une avance de plusieurs années sur les pays alliés. Cette avance technologique concernait tous les types de missiles et de propulsion et pas seulement les spectaculaires engins sol-sol ou les Vergeltungswaffen. Les savants nazis élaborèrent en effet toute une gamme de missiles révolutionnaires et plusieurs dizaines de modèles différents, avec souvent des variantes et des sous-versions.

Seule la défaite de 1945 permit aux Alliés de rattraper ce retard considérable et d’aller plus loin encore. Ils le firent en pillant littéralement la technologie allemande et en mettant la main sur toutes les installations sensibles qu’ils purent trouver dans les ruines fumantes du Reich. Lorsqu’ils découvrirent la diversité et la multitude des projets développés par leurs homologues allemands, les savants et les techniciens alliés n’en crurent pas leurs yeux et restèrent abasourdis devant la prodigieuse avance technologique qu’avaient acquise les scientifiques nazis en matière d’engins balistiques, de moteurs-fusées, de techniques de guidage et de carburants solides ou liquides. Dans les semaines qui suivirent, à partir d’avril 1945, Soviétiques, Américains, Français et Britanniques se lancèrent à travers l’Allemagne dans une gigantesque chasse aux « cerveaux » allemands qui furent fermement invités à se rendre dans les pays vainqueurs pour « collaborer ». Le plus connu est sans nul doute Wernher von Braun, père du V2, qui fut par la suite aux USA l’initiateur du programme spatial Saturne V et de la mission lunaire « Apollo ». Parallèlement, les vainqueurs récupérèrent tout le matériel de haute technologie et les prototypes qu’ils purent dénicher pour poursuivre secrètement les recherches à leur propre profit, dans la perspective de la future guerre froide et d’un éventuel conflit ouvert entre l’Union soviétique et les puissances occidentales. Ainsi, le « Wasserfall » allemand n'est rien d'autre que l’ancêtre direct des missiles « Nike » américains et ce n’est pas un hasard si la « Rheintochter » a des faux airs de missile soviétique des années 1950 !

Ce sinistre arsenal nazi comprenait non seulement des engins sol-sol, sol-air, air-air et air-sol, propulsés par des moteurs fusées à carburants solides ou liquides, mais également des torpilles à réaction air-mer et des bombes planantes anti navires. Ces engins guidés constituent les premiers missiles de l’histoire moderne et préfigurent les engins balistiques de la Guerre Froide ou encore les missiles de croisière actuels. Seule une partie de ces Wunderwaffen furent produites et atteignirent le stade opérationnel. Les autres restèrent à l’état de projets ou de prototypes, leur développement ayant été interrompu à différents stades par la fin de la guerre et l’écroulement du Reich.

C’est l’histoire méconnue de ces extraordinaires « armes miracles », très en avance sur leur temps, que nous vous invitons à découvrir. Une histoire qui fait froid dans le dos, tant il est vrai que les Allemands furent bien près de se doter d’un formidable arsenal révolutionnaire et qu’il s’en fallût parfois de quelques semaines pour qu’ils réussissent à lancer la production. A terme, la combinaison de ces nouvelles armes miracles, des nouveaux avions à réaction et des armes de représailles (V1, V2, V3) aurait probablement permis aux Allemands de remporter la victoire si la guerre s’était prolongée jusqu’en 1946, comme le Führer l’espérait.

Ceci éclaire d’un jour nouveau certaines déclarations de Hitler qui affirma jusqu’à la fin à son entourage, de manière réitérée, qu’il fallait tenir à tous prix et que de nouvelles armes miracles allaient in extremis renverser la situation et lui apporter la victoire. Ces paroles ont toujours été interprétées comme les divagations d’un fou désespéré, mais peut-être songeait-il très concrètement à ce formidable arsenal en cours de développement et aux prodigieuses perspectives qu’il ouvrait si ces armes miracles arrivaient à point nommé...

Grâce à Dieu, il n’en fut rien ! On peut même affirmer que si les missiles allemands furent une remarquable prouesse technique, ils ont probablement coûté plus de ressources au Reich qu'ils n'ont causé de dommages à ses adversaires…

          
  
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