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[h27]           

  L’aile volante furtive GOTHA P-60 [17]

L’aile volante à réaction Gotha P-60 fut le premier projet d’avion furtif de l’histoire. Elaboré par les Nazis à la fin de la seconde guerre mondiale, un revêtement spécial le rendait en effet indétectable par les radars, mais il ne put être concrétisé, faute de temps.

En août 1944, la firme Gotha reçut mandat de fabriquer en série l’aile volante Ho-IX des frères Horten, sous la désignation de Horten Ho-229 (ou Gotha Go-229). Après avoir reçus les plans et les épures, les ingénieurs de Gotha se heurtèrent vite à de sérieux problèmes: le volume très compact de la cellule et le profil aérodynamique parfait de l’aile n’autorisaient en effet aucune modification sous peine de changer totalement les caractéristiques de vol du futur chasseur. Si bien qu’il était difficile – pour ne pas dire impossible – d’apporter des adaptations techniques ou d’augmenter le nombre de places disponibles pour l’équipage, conditions pourtant indispensables si l’on voulait développer plusieurs variantes de l’appareil, comme cela était prévu dans le cahier des charges. L’aile volante Horten IX était un concept révolutionnaire, directement issu des travaux scientifiques des frères Horten, mais sa configuration aux lignes très pures n’avait fait l’objet d’aucun essai en soufflerie à haute vitesse. Tous les prototypes antérieurs qui avaient été testés par les frères Horten l’avaient été à des vitesses classiques. Or le Horten IX (Gotha 229) était une aile volante destiné à évoluer à près de 1000 km/h, et même les prototypes résultant de tests aérodynamiques minutieux se heurtaient souvent à des problèmes insoupçonnés à ces hautes vitesses. D’autre part, comme les moteurs à réaction étaient totalement intégrés dans le profil aérodynamique de l’aile, il était difficile de les installer et de les remplacer, voire même d’effectuer les réparations et les contrôles de routine. Pour la firme Gotha, il était exclu de lancer la production en série du Ho-IX (Go 229) sans être tout à fait sur que le type de moteurs choisi au départ était au point et qu’il était suffisamment puissant. Or, en 1944 la situation de l’Allemagne ne permettait plus de procéder à de longs essais de moteurs.

En janvier 1945, sur l’impulsion de l’ingénieur Hünerjäger et du Dr. Gothert, les dessinateurs de Gotha proposèrent donc un projet alternatif simplifié qui offrait plus de souplesse et permettait de futurs développements. Ce projet, baptisé « Gotha P-60A », reprenait l’essentiel des caractéristiques techniques de l’aile volante Horten IX, mais les turboréacteurs étaient installés dans des nacelles extérieures, ce qui permettait de les remplacer rapidement en cas de défectuosité ou de panne, voire de leur substituer une version plus performante, le cas échéant. La version initiale du projet, baptisée Go P-60A-1, devait être équipée de 2 turboréacteurs BMW 003A-1 carénés, l’un sur le dos de l’appareil, l’autre sous le ventre. Ces réacteurs fournissaient 2 x 800 kg de poussée, pour une vitesse espérée d’environ 980 km/h à 12 500 m d’altitude. A terme on espérait pouvoir les remplacer par des turboréacteurs He S011, beaucoup plus puissants (2 x 1300 kgp) mais qui n’étaient pas encore au point.

La partie centrale de l’aile volante était constituée d’une structure tubulaire en acier et les ailes étaient entièrement en bois et en latex. Mais le plus extraordinaire, c’est que cet appareil était totalement furtif et donc non détectable par les radars de l’époque. Il devait cette incroyable « invisibilité » à un revêtement absorbant couvrant la cellule. Ce revêtement était constitué par deux minces feuilles en bois de peupliers entre lesquelles était placé un mélange de poudre de carbone et de bois aggloméré qui absorbait les ondes radars et empêchait leur réflexion. Cette formule alliait légèreté et furtivité tout en offrant une très bonne résistance structurelle. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, les Allemands avaient plusieurs dizaines d’année d’avance sur les Alliés. Il faudra en effet attendre une cinquantaine d’année pour que les Américains développent les avions furtifs F-117A et B-2 (dont la furtivité est basée toutefois sur d’autres concepts).

Le bord d’attaque de l’aile du Gotha P-60 était incliné à 50° et le bord de fuite à 32°, ce qui donnait une forme triangulaire très aplatie au chasseur. Le carburant était réparti entre trois réservoirs de 1200 litres, placés deux dans les ailes et l’autre derrière le cockpit. Les deux membres d’équipage (pilote et navigateur) prenaient place à plat ventre dans un habitacle pressurisé intégré dans le nez, doté d’une verrière blindée offrant un large dégagement visuel. La position à plat ventre permettait à l’équipage de mieux encaisser la pression des « g » lors des manœuvres brutales et des fortes accélérations. L’avion était doté d’un train d’atterrissage tricycle qui se repliait complètement à l’intérieur de la cellule, de façon à ne pas altérer ses formes aérodynamiques parfaites. Il disposait de surfaces de contrôles très en avance sur la technologie de son époque. A basse vitesse, l’incidence du bord d’attaque de l’aile pouvait ainsi être modifiée hydrauliquement par le pilote, ce qui permettait d’augmenter la portance, notamment en phase d’atterrissage. Le pilote disposait également de deux aérofreins sur le dos de la cellule, sous la forme de deux volets qu’il pouvait déployer à 15° pour casser la vitesse (on retrouve cette technologie sur le chasseur américain F-15). Une série de volets et d’ailerons courrant tout le long du bord de fuite assuraient le contrôle de l’appareil. Enfin, pour les manœuvres à grande vitesse, le pilote disposait des spoilers mobiles intégrés dans la surface de la partie terminale des ailes, qui permettaient d’effectuer des virages très serrés.

Plusieurs versions du Gotha P-60 furent planifiées avec un armement différent.

La variante lourde « Hohenjäger » (chasseur de haute altitude) emportait 4 canons de 30 mm MK-108 disposés par deux de part et d’autre du cockpit, approvisionnés à 150 coups pour les canons intérieurs et à 175 coups pour les canons extérieurs. La version « Zerstörer » (chasseur d’assaut) était armée de 2 canons de 30 mm MK-103 approvisionnés chacun à 175 coups. Quant à la version « Aufklärer » (reconnaissance), elle disposait de 2 canons de 30 mm MK-108 et de 2 caméras RB 50/18.

L’un des principaux défauts reprochés au projet initial du Gotha P-60A-1 était le positionnement des 2 réacteurs, car la présence d’un réacteur dorsal juste derrière cockpit laissait peu de chance de survie à l’équipage en cas d’éjection. Pour remédier à ce défaut, la solution était de placer les deux réacteurs en parallèles sous le ventre de l’appareil et d’équiper le chasseur furtif d’un système d’éjection de l’équipage. Cette seconde version améliorée fut baptisée Gotha P-60A-2, mais elle ne fut pas retenue car elle diminuait les performances du chasseur. Il était également question de développer une version spéciale du « Hohenjäger » équipée d’un moteur-fusée à carburant liquide HWK-509B en lieu et place des deux turboréacteurs BMW 003, de façon à augmenter le plafond et la vitesse de grimpée du chasseur d’altitude pour lui permettre de contrer plus efficacement les formations de bombardiers. Cette version spéciale d’interception fut baptisée Gotha P-60A/R, le – R – étant l’abréviation de « Rakete » (roquette).

Les travaux de développement du prototype P-60B avaient débuté lorsque le projet fut subitement stoppé en janvier 1945, mettant ainsi un terme à ce qui aurait pu devenir le premier chasseur furtif de l’histoire.

Fiche technique de l'aile volante furtive GOTHA P-60
Type aile volante à réaction
Modèles prévus chasseur, intercepteur de haute altitude, reconnaissance
Envergure 12,2 m
Longueur 8,82 m
Hauteur 3,50 m
Surface alaire 46,8 m²
Surface totale 110 m²
Propulsion 2 x turboréacteurs BMW 003-A1
Poussée 2 x 800 kg
Poids à vide 5 160 kg
Poids en charge 7 450 kg au décollage
Carburant 3 x 1200 litres
Vitesse espérée 980 km/h
Plafond 12 500 m
Rayon d’action 1 600 km

 
 

          
  
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