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ALPYFORT


[boyard]           

  Fort Boyard (Charente-Maritime)

En 1666, sous Louis XIV qui a de grandes ambitions maritimes, Colbert ordonne la construction d’un grand arsenal maritime à Rochefort, sur la façade atlantique, pour approvisionner et ravitailler la Royale. Pour défendre la rade contre les flottes britanniques et hollandaises, Vauban fortifie les îles et le littoral de la côte charentaise. Des citadelles et des forts bastionnés sont notamment érigés sur les îles de Ré, d’Aix et d’Oléron, ainsi que le long de l’embouchure de la Charente. Dès le début du XVIIIe siècle, ce système défensif forme une véritable « muraille maritime » face à l’océan.

Cette « ceinture fortifiée » est renforcé au début du XIXe siècle par la construction des forts Enet et Liédot, sentinelles avancées postées à l’entrée nord et sud de la rade et qui complètent le dispositif. Le problème, c’est que les îles d’Aix et d’Oléron sont séparées par un bras de mer de 6 kilomètres de large. Or, au XVIIe siècle, la portée des pièces les plus puissantes est insuffisante pour battre cet espace depuis la côte afin d’empêcher une flotte ennemie de se faufiler dans la rade depuis l’Océan. En d’autre terme, il existe une large brèche dans le dispositif établi.

Dès le XVIIe siècle, on envisage donc d’ériger un fort en pleine mer pour compléter les fortifications installées sur les îles et le littoral. Il existait en effet un haut fond au milieu de la passe, la longe Boyard (d’un mot hollandais signifiant « banc de sable ») et Louis XIV souhaitait faire de ce banc de sable le verrou fermant la rade de Rochefort. Mais il fallut y renoncer à l’époque car on ne possédait pas encore les techniques nécessaires pour élever un fort en pleine mer. Vauban, à qui le roi Louis XIV avait soumis l’idée, se serait exclamé : « Sire, il serait plus facile de saisir la lune avec les dents que de tenter pareil ouvrage en cet endroit ! » Les assauts anglais contre la côte, à la fin du XVIIIe siècle, amènent Napoléon Ier à reprendre l’idée et à relancer ce projet fou en 1801. En 1803, l’empereur approuve le projet d’un fort massif en ellipse, dessiné par un ingénieur anglais nommé Filley et dont la forme elliptique est directement inspirée par la silhouette des vaisseaux de l’époque. La construction débute en 1803 et ne sera pas achevée avant 1859. Le projet est titanesque. Les ouvriers se heurtent à de nombreuses difficultés car il n’y a absolument aucun récif pour asseoir le fort. Il faut littéralement créer un îlot artificiel. Pour ce faire, d’énormes enrochements sont coulés sur le banc de sable. Peu à peu, une plateforme émerge de l’eau. Elle servira de socle pour bâtir l’édifice. La difficile mise en place de cet enrochement artificiel causa la mort de nombreux ouvriers, noyés par la houle ou emportés par les vagues scélérates qui balayent la plateforme. Les blocs de granit, débités sur la côte nord de l’île d’Aix (on devine encore la carrière), étaient acheminés par barges et posés avec des flotteurs constitués de barriques. Pour gagner du temps, certains étaient coulés directement avec la barque qui les transportait. Le travail était très dangereux et n’était possible qu’à certains moments de l’année, lorsque la marée, la météo et les conditions de l’océan permettaient de s’aventurer en mer, avec une sécurité toute relative. Sur le chantier, la durée du travail était réduite et n’excédait pas quelques heures par jour car les travaux ne pouvaient être exécutés qu’à marée basse, lorsque l’océan découvrait la plateforme, et par temps calme. En plus, il fallait compter avec les Anglais qui faisaient tout ce qui étaient en leur pouvoir pour empêcher et gêner la progression du chantier. Leurs vaisseaux venaient fréquemment surprendre les ouvriers pour les canonner à bout portant, transformant la plateforme en charnier...

La construction de l’édifice actuel nécessita des années d’effort et ne put être achevé avant la chute de Napoléon. Interrompus dès 1809, pendant les trente ans durant lesquels les Anglais maîtrisèrent la côte atlantique française, ils ne reprennent qu’en 1842. C’est à cette époque que l’édifice est doté d’un étage supplémentaire et de sa célèbre tour de Vigie. En 1859, quarante ans après le début de sa construction, le fort est enfin achevé… mais il ne sert plus à rien ! En effet, les progrès importants de l’artillerie de marine et l’allongement considérable de la portée de tir survenus entre-temps ont rendu sa conception dépassée et totalement obsolète par rapport aux nouvelles capacités des vaisseaux! Près de soixante ans d’effort et une véritable prouesse technologique se retrouvent sans réel objet…

Privé de sa raison d’être militaire, le fort est transformé en prison, puis en bagne dans la seconde moitié du XIXe siècle. On dit que les conditions de détention y étaient exécrables et encore pires qu’à Alcatraz, pourtant réputé pour son extrême dureté. L’humidité suintait littéralement le long des murs, transformant les anciennes batteries en un « enfer putride » où les prisonniers pourrissaient lentement, rongés par le sel, la vermine et l’humidité ambiante. Les jours de forte tempête, le choc de la houle venant se briser contre la façade est telle que tout l’édifice tremble sur ses bases, rendant fous les prisonniers enfermés dans leurs geôles. Durant les travaux de construction, il est arrivé parfois que les colères de l’océan détruisent l’œuvre de plusieurs jours de travail ou engloutissent les ouvriers. Lors des tempêtes d’équinoxes, les lames s’écrasent à plus de 30 m de hauteur contre la façade du fort et recouvrent les terrasses sommitales, inondant les casemates et la cour transformée en une mer intérieure agitée par la houle. Au XIXe siècle, l’administration doit se résoudre à boucher les canonnières du premier étage pour éviter que les soldats des batteries soient emportés ou écrasés par les paquets d’eau qui s’y engouffrent avec violence, lézardant les murs. Les conditions sont telles que les militaires qui sont postés au fort Boyard ont parfois le mal de mer, tant l’ouvrage vibre sous les coups de buttoir de l’océan! En 2009, durant la fameuse tempête du siècle, la crête des lames est passée par-dessus le fort, faisant trembler l’édifice tout entier; La tour de vigie fut emportée comme un fétu de paille par l’océan déchaîné (elle a été reconstruite à l’identique depuis lors)…

Isolé sur son enrochement en pleine mer, le fort a une forme ovale. Il ressemble de loin à un gigantesque « vaisseau de pierre » mouillé à l’entrée de la rade et barrant la passe. Impressionnant de puissance, avec sa garnison de 260 hommes, il mesure 68 m de long, 30 m de large et 20 m de haut au niveau de la Vigie. Il est équipé d’un brise-lame au Nord-ouest, face au large, et possède un havre d’abordage au Sud-Est. Ses trois étages avaient été prévus pour 74 canons mais il ne recevra finalement qu’une trentaine de vielles pièces. Déclassé par l’Armée en 1913, le fort fut ensuite peu à peu dépouillé de ses volets, de ses canons et de ses lambris. Laissé à l’abandon, il se dégrada peu à peu durant une quarantaine d’années, victimes des assauts de l’océan et du manque d’entretien. En 1962, un dentiste belge le rachète pour une bouchée de pain, dans l’intention de le transformer en hôtel et restaurant panoramique ; mais le projet ambitieux, trop coûteux, traine en longueur et n’aboutit pas. Resté longtemps le domaine réservé des mouettes et des goélands, ce lieu au charme insolite est choisi dans les années 1960 comme décor du film « Les Aventuriers » avec Alain Delon et Lino Ventura. Racheté en 1989 par le Conseil Général de la Charente Maritime, il acquiert rapidement une renommée internationale grâce à l’émission télévisée qui porte son nom et qui popularise son image dans le monde entier. Un projet d’hôtel et de restaurant panoramique a été relancé dans les années 2000 par des promoteurs qui voudraient en faire un lieu de luxe réservé à une élite riche, mais il se heurte à une opposition farouche de la population et des autorités locales. L’avenir dira qu’elle sera le sort de cette incroyable « vaisseau de pierre »…

 
 

          
  
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