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[b35]           

  Fort de la rade à l'Ile d'Aix [2]

Située en dehors des courants commerciaux, l’île d’Aix n’est dotée que de batteries précaires jusqu’au XVIIIe siècle. En 1666, sous Louis XIV qui a de grandes ambitions maritimes, Colbert ordonne la construction d’un grand arsenal maritime à Rochefort, sur la façade atlantique, pour approvisionner et ravitailler la flotte royale du Ponant. Il y fait édifier « l’établissement le plus grand et le plus beau qu’il y ait dans le monde » : la fameuse Corderie royale. Pour défendre ce site contre toute attaque par la mer, Colbert ordonne à Vauban de fortifier les îles et le littoral de la côte charentaise et de faire de l’île d’Aix sa « forteresse avancée ». Des citadelles et des forts bastionnés sont notamment érigés sur les îles de Ré, d’Aix et d’Oléron, ainsi que le long de l’embouchure de la Charente. Dès le milieu du XVIIIe siècle, ce système défensif forme une véritable « muraille maritime » face à l’océan. Il sera renforcé au début du XIXe siècle par la construction des forts Boyard, Enet et Liédot qui complètent le dispositif au large. L’île d’Aix, enfin dotée de forts, en fait partie intégrante, aux côtés du fort de Fouras, de l’île Madame, de la citadelle de Saint-Martin-de-Ré et du Château-d’Oléron.

1. Le premier fort de la Rade (1672-1704)

Vauban commence à fortifier l’île d’Aix en 1672. La commission des fortifications suggère notamment de fortifier la « tête » de l’île, près du Bourg, ce qui permettrait d’y concentrer tous les magasins nécessaires à l’armement des navires. Il faudra cependant attendre 1691 pour que le projet de Vauban d’ériger le fort de la Rade à la pointe sud de l’île soit enfin retenu, après une rivalité avec Ferry. Ce projet prévoit la construction d’une grande tour centrale haute de 20 mètres. En 1693, la construction du donjon, du pont d’entrée, du parapet de la courtine, d’une caserne, du môle de débarquement et du moulin à vent, est presque terminée. En 1699, la tour centrale, qui s’est effondrée entre-temps, est reconstruite. La même année sont réalisés les fossés et les fondations de la demi-lune, ainsi que le tracé du bourg actuel. Le système achevé en 1704 est efficace : il dissuadera les Anglais de débarquer sur l’île durant un demi-siècle. Malgré ses fortifications, Aix est toutefois prise le 21 septembre 1757 par l’amiral anglais Hawke qui y débarque par surprise avec 3’000 hommes. Alors que des crédits viennent d’être alloués pour restaurer le fort demeuré cinquante ans sans entretien, une flotte anglais dotée d’une vingtaine de vaisseaux et de 10'000 hommes le bombarde, y crée de multiples brèches, puis débarque et pille l’ensemble de l’île. Le donjon de Vauban, terminé en 1702, est alors en partie démoli.

2. La reconstruction du fort (1778-79)

En 1778-79, le marquis de Montalembert est requis par le roi pour renforcer le plus rapidement possible les défenses de l’île contre les Anglais. Il édifie, sur un plan en fer à cheval, un fort en bois. Les travaux sur place sont supervisés par le lieutenant du génie Choderlos de Laclos, futur auteur de l’œuvre littéraire Les liaisons dangereuses. Mal adapté aux intempéries et aux tempêtes, sa démolition sera décidée en 1783, parallèlement au départ de la garnison. Il faut attendre Napoléon Ier pour que l’île soit enfin dotée de défenses côtières durables, avec la reconstruction du fort de la Rade à la pointe sud, du fort Liédot au nord, et de nombreuses batteries disséminées le long des rivages nord et ouest. Le 5 août 1808, Napoléon effectue une visite d’inspection sur l’île. Mécontent de la lenteur des travaux ordonnés six ans plus tôt, il donne une impulsion décisive au programme de fortification et décide la reconstruction complète du fort de la Rade.

3. La destruction de l’escadre de Rochefort dans la rade de l’île d’Aix (1809)

Le 11 avril 1809, un convoi français prêt à appareiller pour les Antilles, attend en baie de Rochefort quatre navires en retard. Les marins sont alors surpris par une importante flotte anglaise qui les force à se réfugier dans la rade de l’île d’Aix. Vers 20 heures, les Anglais lancent à la dérive plusieurs brûlots flottants, sorte de radeaux enflammés chargés de poudre, que le courant pousse comme prévu vers les coques françaises. Paniqués, les Français coupent leurs amarres, mais le vent violent rejette les vaisseaux contre la côte où quatre d’entre eux s’échouent. Les Anglais en profitent pour bombarder et détruire la flotte immobilisée.

4. Les grands travaux de renforcement (1810-1814)

A la suite de la dramatique destruction de l’escadre de Rochefort par les brûlots anglais dans la rade d’Aix, des travaux considérables sont entrepris dès 1810 pour renforcer et compléter les défenses de l’île. Le fort de la Rade solidement reconstruit devient une véritable citadelle pour le Bourg. Mais ces travaux se font aux dépens du Fort Boyard, au large, dont la construction est suspendue jusqu’en 1837. Le chantier du Fort de la Rade débute en 1810 et se prolonge jusqu’en 1837. Le fort est défendu par des fossés inondés sur tout son pourtour, y compris face à la mer, de façon à rendre plus difficile un débarquement. Doté de nombreuses batteries pointées sur le large, il possède une entrée très originale, défendue par un saillant qui est lui-même protégé par une demi-lune. On distingue encore par endroits des traces des fortifications élevées par Vauban et détruites par l’amiral Hawke en 1757, (notamment une citerne voûtée). En 1920, la garnison de l’île d’Aix est supprimée et les forts déclassés, l’arsenal de Rochefort fermera définitivement en 1927. Le fort de la Rade est réoccupé par les troupes allemandes durant le la seconde guerre mondiale. Livré à l’abandon après guerre, il est utilisé dès 1955 comme laboratoire par le Ministère de l’Agriculture. En 1986, à l’initiative de la municipalité d’Aix, il est remis en état et transformé en un village de vacances. Isolés par ses douves comme une île dans l’île, il accueille désormais de nombreux estivants, mais on peut le visiter et parcourir ses défenses à condition de rester discret et de ne pas gêner les vacanciers. L’enceinte abrite également deux phares jumelés qui balisent les dangers du haut- fond de Boyard. Si vous vous rendez sur l’île d’Aix, n’oubliez pas de faire un détour par ce fort côtier magnifiquement conservé…

 
 

          
  
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