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[b31]           

  Bramafan (fort de) [15]

Italie, Piemont, Bardonecchia. Dans les années 1880, au moment de l'ouverture du tunnel ferroviaire du Fréjus, apparaît la nécessité de surveiller le débouché de ce tunnel, ainsi que les vallées de Rochemolles, Fréjus et la Roue. Une batterie est implantée sur le site du château médiéval de Bramafan. Une route praticable pour les trains d'artillerie est tracée avec un profil défilé qui reprend en partie une ancienne piste muletière. Elle est longue de 2900 mètres, large de 3,50 mètres avec une pente maximum de 8 à 9%. Le rayon minimum de braquage est de 8 mètres dans les courbes. A la fin des années 80 on établit le projet d'un complexe fortifié de 64000m2 qui sera la plus importante fortification des Alpes Occidentales. Le capitaine du Génie BUFFA (qui sera promu major en 1891) prévoit l'occupation de la hauteur où se trouvent les ruines du château dont une tour subsiste. Des éléments de cette tour, qui ont été retrouvés et rassemblés, sont visibles aujourd'hui dans l'entrée du fort. Le fort évoluera au fur et à mesure des travaux pour aboutir à l'ensemble fortifié que nous connaissons aujourd'hui. Après avoir franchi l'entrée, défendue par une grille et protégée par les créneaux de fusillade de l'extrémité de la caserne, on accède sur la place d'armes où une solide construction en pierre coiffée de lauzes, abrite les magasins d'artillerie. Son extrémité se termine au dessus du massif rocheux qui ferme la place d'armes. Les locaux étaient organisés en écurie, magasin aux fourrages, sellerie, forge, magasin aux vivres de réserve, atelier d'artillerie, logement du garde-magasin. A l'ouest du magasin on remarque à l'angle du bâtiment une petite caponnière équipée de trois meurtrières qui contrôle les abords. Le bloc central du fort est constitué par la caserne des officiers, séparée de la place d'armes par un profond fossé. Elle est surmontée d'une couverture en béton. Une caponnière défend l'entrée dont le linteau porte les lettres Forte Bramafan en relief. Le fossé est franchi par un pont escamotable roulant. La raison de ce choix, au lieu d'un pont-levis plus classique, est motivée par la situation en altitude de l'ouvrage, lorsque de fortes chutes de neige rendent problématiques les mouvements d'un pont-levis. Mais un pont roulant, qu'il s'efface latéralement ou frontalement, entraîne une majoration de son coût en raison de la présence nécessaire d'une série de mécanismes et de fréquentes interventions de maintenance. En outre, un pont roulant à l'intérieur de l'entrée, pose des problèmes pour la liaison des différents niveaux de circulation et par la nécessité de disposer d'une longueur suffisante pour pouvoir reculer toute la structure et assurer l'équilibre pendant le mouvement. Pour ces motifs parfois inconciliables, et en particulier pour d'éternelles raisons économiques, on a souvent préféré recourir au pont-levis, réservant les modèles roulants aux situations privilégiées. Dans les fortifications des Alpes on connaît, outre celui de Bramafan, seulement deux autres installations semblables. Le pont de Bramafan est mis en mouvement par deux volants placés sur une colonne sur le côté du pont, qui doivent être manoeuvrés ensemble. En tournant les volants, la transmission démultipliée actionne un axe transversal muni d'une série d'engrenages qui agissent sur une crémaillère placée sous les poutrelles du pont, de façon à faire rouler toute la structure. Cette opération doit être précédée de l'enlèvement du tablier qui recouvre le logement du mécanisme, d'où la présence d'anneaux sur toutes les planches du tablier. A droite de l'entrée, après avoir traversé la caserne des officiers, on parvient à la tourelle E, la première des quatre installations pour canon de 57mm à tir rapide, qui assure la défense rapprochée et peut tirer jusqu'à 5500 mètres en direction de la vallée de Bardonnèche. Cette tourelle de fabrication Gruson est placée dans un puits en maçonnerie d'environ 2,50 mètres de profondeur. Elle est munie d'un corps métallique cylindrique qui abrite le canon et couverte d'un toit. En position de repos la coupole arrive à l'extérieur au niveau du puits de maçonnerie. Pour tirer, il est nécessaire de soulever tout l'ensemble et de pousser le tube du canon à l'extérieur de l'embrasure. Le tir terminé, le canon doit être retiré à l'intérieur de la coupole pour qu'elle puisse s'effacer. La galerie de gorge, qui longe le fort, est formée d'une série de pièces distinctes, chacune dotée de deux meurtrières. Ces locaux étaient aussi utilisés comme chambres de troupe et disposaient d'un conduit de cheminée. Cette galerie conduit à la tourelle B, la première des deux installations de 120/21 du fort. A gauche est le local de chargement des projectiles avec les fusées nécessaires, tandis qu'à droite un escalier donne accès au puit de la tourelle Gruson, d'un diamètre de 4,80 mètres, subdivisé en deux niveaux, recouverts d'une coupole de fer de 15cm d'épaisseur. Au centre du puits, une colonne d'un diamètre de 20cm, soutient les deux flancs de l'affût dont le sommet touche la coupole. Pour mettre le canon en position de tir, il est nécessaire de soulever la coupole et toute l'installation, afin de la faire tourner. L'élévation, de quelques millimètres, est obtenue au moyen d'un mécanisme situé à la base de la colonne. Les quatre servants peuvent faire tourner la tourelle (d'un poids total de 31 tonnes) de 360° en 30 secondes. A côté, un observatoire blindé disposant de quatre ouvertures fermées par des volets, assure la direction de tir au profit des deux tourelles. A noter également, à proximité, la présence d'emplacements pour quatre mortiers de 87mm. Une batterie basse, située à l'Ouest, est équipée de deux pièces de 150mm tirant à barbette (portée 9300mètres) et de canons de 87mm (portée 6900 mètres). Les emplacements des pièces sont séparés par des traverses-abris. Le fort de Bramafan a été parfaitement conçu pour résister aux tirs adverses. Une partie de l'artillerie est protégée contre les tirs plongeants de toutes les hauteurs environnantes par des coupoles. Le massif rocheux qui forme le centre du fort sert de parados à la batterie basse et la met à l'abri des feux de l'infanterie ennemie, de même qu'il protège les casernements et magasins. Les escarpes sont bien flanquées et leurs abords sont battus par les canons à tir rapide des tourelles à éclipse. On ne peut qu'admirer l'art avec lequel le génie italien a utilisé les divers accidents du terrain naturel pour établir à peu de frais une citadelle fort solide. Texte de P.G. CORINO - Traduction de Y. BARDE

 
 

          
  
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