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[a131]           

  Le chasseur de nuit Arado 234B-2N « NACHTIGALL » [4]

En août 1943, Wilhelm van Nes, ingénieur en chef du bureau d’étude Arado, suggéra le développement d’un chasseur de nuit biplace sur la base de la cellule du biréacteur Arado 234B-2, pour contrer les raids de bombardement nocturnes opérés par la RAF sur le Reich. L’idée fit son chemin parmi la Luftwaffe et les ingénieurs se mirent au travail dès le mois de septembre. La première mouture développée fut le biréacteur Arado Ar 234B-2N « Nachtigall », puis les étonnants quadriréacteurs Arado 234 C3-N et C7 « Nachtjäger ». Le premier modèle développé, baptisé Ar 234B-2N Nachtigall, n’était en fait qu’une variante modifiée de l’Ar-234B-2 « Blitzbomber » et ne fut produit qu’à deux exemplaires. Il s’agissait d’une version provisoire et transitoire, en attendant la conception d’un modèle définitif pour la chasse de nuit. L’armement de ce chasseur de nuit improvisé était constitué par deux canons jumelés MG-151/20 de 20 mm tirant vers l’avant, installés sous le fuselage et logés dans une bombe Magirus modifiée servant de carénage. Le « Nachtigall » était bourré de systèmes électroniques très sophistiqués et comportait deux radar de poursuite « Naxos » et FuG 218 «Neptun», ainsi que divers appareils permettant le vol sans visibilité. Etant donné l’exiguïté du cockpit et le manque de place dans le fuselage, presque totalement occupé par les réservoirs de carburant, la console radar et l’opérateur furent logés dans la queue de la carlingue, en arrière des ailes et du second réservoir. L’opérateur, à l’étroit dans son logement exigu, tournait le dos au sens de marche et avait peu de chance de s’en sortir en cas d’incendie ou de fuite des réservoirs placés derrière lui. Il se faufilait dans son poste par une écoutille vitrée qui s’ouvrait sur le dos de la queue, ce qui rendait illusoire l’évacuation en cas d’urgence. A supposé même qu’il réussisse à s’extraire de l’avion en perdition, l’opérateur avait toutes les chances d’être happé par l’énorme dérive verticale au moment où il sautait… Pour économiser les réserves de carburant, vu l’autonomie relativement limitée de l’Arado 234, le Nachtigall était doté d’un dispositif d’assistance au décollage, sous la forme de 2 fusées d’appoint suspendues en bout d’ailes, de part et d’autre des réacteurs Jumo 109-004B. Ces nacelles ovoïdes, baptisées « Rauchergerät », étaient légèrement inclinées de façon que le flux puisse prendre appui sur le béton de la piste. Elles renfermaient un moteur fusée Walter HWK Ri 202 fonctionnant grâce à un mélange de peroxyde d’hydrogène (T-Stoff) et de permanganate de potasse (Z-Stoff). La mise en présence brutale de ces deux réactifs très corrosifs, déclenchée électriquement par le pilote, provoquait une violente réaction chimique engendrant un dégagement de chaleur et de vapeur, qui propulsait l’appareil et l’arrachait littéralement du sol. Chaque cylindre ovoïde pesait 280 kg et produisait une poussée additionnelle de 500 kgp durant 30 secondes au décollage, temps de combustion du mélange. Ces fusées étaient ensuite larguées et freinées jusqu’au sol par un parachute placé à l’avant de la nacelle, de façon à permettre leur récupération et leur réutilisation. Un système de senseurs de pression incorporé contrôlait le bon fonctionnement des moteurs-fusées. En cas de dysfonctionnement de l’un des deux, ce dispositif provoquait automatiquement le largage du second cylindre pour ne pas déséquilibrer l’appareil. En général, pour augmenter au maximum leur autonomie de vol, les Nachtigall emportaient également deux réservoirs additionnels de 300 kg, arrimés sous les nacelle des réacteurs, qui étaient largués en vol après leur utilisation, pour alléger l’appareil et réduire sa traînée. Etant donné leur vitesse d’atterrissage très élevée (environ 220 km/h), les Nachtigall étaient équipés d’un parachute de queue dont le déploiement permettait de raccourcir la distance de roulage, évitant ainsi de balayer toute la piste. Ce dispositif équipait d’ailleurs tous les Arado 234. Le premier prototype du Nachtigall fut achevé le 2 décembre 1944 et vola pour la première fois le 10 décembre, avant de subir une série de tests sur un terrain d’essai. Il comportait une livrée tachetée vert et brun, avec le dessous peint en bleu pâle. Un second prototype fut terminé au début de l’année 1945. Il reçut une livrée bleu pâle mouchetée de gris-violet, avec le dessous de la carlingue et des ailes peint en noir pour le confondre avec l’obscurité de la nuit. En janvier et février, les deux chasseurs de nuit furent incorporés dans une unité spéciale, le Kommando Bisping basé à Oranienburg, du nom de son chef, le Hauptmann Joseph Bisping, pour procéder à leur évaluation en conditions nocturnes réelles au-dessus de Berlin. En mars, cette unité fut rebaptisée « Kommando Bonow », du nom de son nouveau commandant, le Leutnant Kurt Bonow. Le bombardement de l’aérodrome d’Oranienburg, le 10 avril 1945, mit un terme à ces essais. Il semble, d’ailleurs, que les deux chasseurs de nuit n’aient jamais remporté aucune victoire dans le ciel de Berlin. On ignore s’ils furent détruits ou ce qu’ils devinrent en avril 1945, lors de l’effondrement du Reich…

Fiche technique de l’Arado 234B-2N Nachtigall
Désignation : Ar 234B-2-N Nachtigall
Catégorie : chasseur de nuit
Type : biréacteur
Equipage : 2 hommes (pilote et opérateur radar)
Envergure : 14,44 m
Surface alaire : 26,40 m2
Longueur : 12,64 m
Hauteur : 4,33 m
Poids à vide : 5 200 kg
Poids en charge : 9 850 kg max. au décollage
Charge utile extérieure : 600 kg max. (2 x 300 kg)
Points d’emport : 2 pylônes externes sous la voilure
Réservoirs suppl. : 2 réservoirs largables de 300 kg sous la voilure
Armement offensif : 2 canons jumelés de 20 mm Mg151/20 tirant vers l’avant sous le fuselage
Radar de poursuite : Fug 218 Neptun
Plafond pratique : 10 000 m environ
Autonomie : 1600 km max.
Vitesse de pointe : 742 km/h à 6 100 m d’altitude en configuration lisse
660 km/h à 6 100 m d’altitude avec charge utile.
Propulsion principale : 2 turboréacteurs Jumo 109-004B-1 développant 900 kgp chacun
Assistance au décollage : 2 moteurs-fusées largables HWK Ri 202 suspendus en bout d’ailes fournissant
chacun 500 kgp de poussée additionnelle durant 30 secondes au décollage.

 
 

          
  
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