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[v50]           

  Le V2 ou A4 [5]

Entre le 6 septembre 1944 et le 28 mars 1945, plus de 3000 fusées V2 furent lancées en opération par des unités allemandes spécialement formées à cet effet. La plupart furent tirés sur la city de Londres et sur le port d’Anvers, mais Paris, Liège, Lille et Tourcoing furent également pris pour cibles par les Allemands, ainsi que d’autres villes de Belgique, d’Angleterre et du Nord de la France, dans une moindre mesure. La fusée A4 (pour Agreggat 4 : « engin n°4 ») était la deuxième arme miracle mise au point par les Nazis pour tenter de renverser l’issue de la guerre au profit du IIIe Reich (d’où le terme V2, abréviation de Vergeltungswaffe 2 : « arme de représailles n°2 »). A l’époque, c’était le plus grand missile balistique jamais construit et un véritable condensé de ce qui se faisait de mieux en matière de technologie de pointe. Sa mise au point, qui prit quinze ans (1930-1945), relevait d’un véritable défi technologique car la science des fusées, encore balbutiante, en était à ses premiers débuts. Tout était à inventer en matière de carburant, du propulsion ou de système de guidage, si bien que le projet relevait littéralement de la science fiction… Le fait qu’une A4 ait décollé et volé avec succès dès le 3 octobre 1942 témoigne de la gigantesque percée que les Allemands ont réalisée au centre de recherches secrètes de Peenemünde en quelques années sous la direction scientifique de Wernher von Braun et du général Walter Dornberger, chef du programme de développement de la fusée A4. Cet engin de mort était capable d’expédier une ogive militaire de 1 tonnes à une distance de 300 km en 320 secondes. Sa charge explosive était 7 fois supérieure à celle de la « Grosse Bertha » et sa portée atteignait le double du « Pariser Kanone », le fameux super-canon utilisé par les Allemands pour bombarder Paris et qui est encore considéré aujourd’hui comme avoir atteint la portée maximum possible pour un canon classique. L’offensive V2, déclenchée dans la nuit du 13 au 14 septembre 1944, se poursuivit sans relâche jusqu’au 28 mars 1945, date du dernier tir d’un missile. Elle causa des dégâts considérables et fit plusieurs milliers de victimes parmi la population civile des zones visées, sans compter les nombreux blessés et commotionnés. Conçue comme une arme de guerre psychologique, le V2 était destiné avant tout à terroriser les populations adverses, pour frapper les esprits et contraindre le gouvernement britannique à signer une paix séparée. Contrairement au V1 dont l’arrivée se signalait par un bruit pétaradant, le V2 était d’autant plus redouté qu’il frappait aveuglément et sans prévenir. Aucun bruit, aucun indice ne signalait son arrivée. L’instant plus tard, vous étiez mort et tout un quartier d’une ville avait été rasé de la carte! Les Alliés se trouvèrent complètement démunis contre cette nouvelle arme diabolique qui frappait avec la vitesse de l’éclair et contre laquelle ils ne trouvèrent aucune parade. Après avoir atteint 5535 km/h et 28'000 mètres au moment de l’arrêt du système de propulsion – 63 secondes après son lancement - , le missile continuait à grimper sur sa lancée jusqu’à 80'000 mètres d’altitude en s’inclinant progressivement sur sa trajectoire pour décrire une grande courbe parabolique, puis retombait comme une pierre pour piquer sur la cible désignée. Sa chute libre n’était freinée que par la résistance de l’atmosphère et le frottement de l’air qui échauffait le métal du nez à 600°C. Arrivant à une vitesse fulgurante, le V2 percutait le sol à 800 m/sec (2880 km/h), ce qui déclenchait l’explosion des 750 kg d’explosifs à haut pouvoir brisant contenu dans l’ogive. L’énergie dégagée à l’impact était de 252 millions de Newton. Soit l’équivalent du choc d’un train composé de 50 locomotives de 100 tonnes chacune roulant à 100 km/h et percutant toutes simultanément ! L’effet de souffle était monstrueux. Si le V1 était capable de détruire un pâté de maison, le V2 pouvait ravager un quartier tout entier… Le V2 fut non seulement la première fusée à carburants liquides de l’Histoire, mais aussi le premier missile guidé à longue portée à devenir pleinement opérationnel et à être engagé sur le front. Ce fut également le premier engin fabriqué par l’homme à s’aventurer aux limites de l’espace. Sa technologie très élaborée, en avance de plusieurs décennies sur celle des Alliés, prouve que les Allemands étaient passé d’un engin expérimental capable de transporter quelques centaines de kilos à une véritable fusée industrielle, construite en série, et capable de fournir une poussée de 29 tonnes pour propulser un engin de 13 tonnes dans l’espace. Mais son élaboration fut longue, difficile et semée d’embûches… L’histoire de la fusée A4 est d’autant plus intéressante qu’il ne faut pas oublier que le V2 a servi de base pour le développement des premières générations de missiles de la Guerre Froide, tant du côté occidental que du côté communiste. En 1990, les missiles SCUD lancés par Saddam Hussein sur Israël durant la première guerre du Golfe en Irak n’étaient rien d’autre que des V2 améliorés. L’A4 est également à l’origine de tous les lanceurs spatiaux modernes de la seconde moitié du XXe siècle, y compris la navette spatiale américaine. La technologie mise au point par Wernher von Braun dans les années 1930 et 1940 a ouvert la voie aux développement des programmes spatiaux américains (Mercury, Gemini, Apollo), russes (Soyouz) et français (Ariane).

          
  
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